Previsioni di David W. Griffith

David W. Griffith
David W. Griffith

È fuori dubbio che il XXI secolo vedrà una quantità di drammi così detti intimisti sugli schermi; al tempo stesso, però, un posto a parte sarà sempre riservato a opere di massa come Nascita di una nazione.

Voi andrete nel cinema che prediligete e vedrete i vostri attori apparirvi in un formato doppio di quello attuale, perché lo schermo sarà grande il doppio e altrettanto dicasi per la pellicola. Queste mutate dimensioni porteranno alla quasi totale eliminazione del primo piano, giacché sarà relativamente facile rendere l’espressione del viso attraverso l’intera figura dell’attore. Sarà, però, sempre necessario soffermarsi sul viso perché è questo che riflette l’anima di un uomo.

I nostri primi piani, o inserti, come io li chiamo, talvolta rallentano l’azione e sono sconcertanti. Io li ho inventati, ma ho poi cercato di non abusarne, come invece hanno fatto in molti. Si tratta di un espediente puramente meccanico, infatti, e sono di scarso credito per chiunque.

Va notato a questo punto che a Broadway esistono attualmente cinque locali di prima visione. Nel 2024 ce ne saranno per lo meno quaranta. Paesi di mille abitanti ne avranno in media sei; le città con 20.000 abitanti o giù di lì supereranno il centinaio. Grazie ai suoi enormi vantaggi quanto a libertà d’azione, il cinema sarà in grado come nessun altro di raccontare determinate storie. Debbo, tuttavia, aggiungere che lo splendore della parola scritta o pronunciata nel dramma intimista e di poesia, non potrà mai esser superato da alcun’altra forma di espressione.

Nell’anno 2024 i migliori fra i nostri direttori saranno uomini laureati da scuole e accademie con all’attivo, nel loro curriculum, la frequenza ai corsi di regia. Attori e attrici saranno artisti diplomati da scuole, oppure dediti esclusivamente allo studio dell’interpretazione cinematografica, altamente specializzati alla recitazione davanti alla macchina da presa. È una cosa inevitabile.

Sono assolutamente convinto che il sistema attuale, lento ed affidato al caso, con il quale si selezionano i talenti per lo schermo (intendo alludere a registi, scenografi, attori e operatori) non durerà a lungo. Il secolo a venire troverà questo campo stabilizzato su una base di merito e di organizzazione.

David W. Griffith 1924

Douglas Fairbanks et Mary Pickford à Paris, mai 1924

Douglas Fairbanks et Mary Pickford à leur sortie de Ciné-Miroir
Douglas Fairbanks et Mary Pickford à leur sortie de Ciné-Miroir

L’inimitable “Doug” et Mary Pickford, “La Bien-Aimée du monde” pendant leur séjour à Paris ont rendu visite a “Ciné-Miroir”

Nous avons eu le grand honneur de recevoir Douglas Fairbanks et Mary Pickford. Ce fut une réunion sans tapage, sans réclame, comme c’est l’habitude dans notre maison; une fête tout a fait intime, mais que nous devons raconter à nos lecteurs, puisque ce sont eux qui font le succès de Ciné-Miroir et accroissent, chaque jour, son influence : les amis de nos amis sont nos amis. Déjà, à l’arrivée à Cherbourg de Doug et de la délicieuse Mary, la bien-aimée du monde, nous avions envoyé l’un de nos collaborateurs, M. Bourdet, pour les saluer en notre nom. Un collaborateur… un ambassadeur devrait-on dire, puisqu’il s’agissait d’une majesté : Sa Majesté Douglas… Et, après avoir vu bien des rois dans nos randonnées à travers l’Europe, nous pouvons assurer qu’il en est peu qui méritent a ce point l’admiration populaire. Ce qui retient, captive, conquiert, en effet, dans un couple humain, c’est moins l’éclat de sa renommée ou l’éblouissement de sa fortune que la bonté, la simplicité qu’il dégage. A ce point de vue, le couple Douglas Fairbanks-Mary Pìckford donne un spectacle absolument exquis.

Lorsque, dans le cabinet de notre directeur, en ce soir du 9 mai, ils parurent, accompagnés de M. Smith, le très remarquable représentant a Paris de la firme United Artists, il y eut non pas des applaudissements, mais un silence que chacun laissa couler, car chacun était déjà sous le charme. Ces deux grands acteurs ne faisaient point une entrée de théâtre, ils venaient vers nous camme s’ils étaient seuls dans l’allée d’un jardin. Mary, plus petile, délicieuse de féminité, légèrement appuyée sur son mari, confiante, enchaînée au même destin… Mais c’est à l’intérieur d’une pièce qu’il faut voir Douglas Fairbanks : sous l’impeccable jaquette et malgré l’embarras de son haut de forme, il reste l’athlète toujours prêt à mesurer sa force, à manœuvrer ses muscles. Dans un appartement, il se sent visiblement enfermé : sauvage et résigné tout ensemble, il fixe de ses yeux gris foncés les murs, les fenêtres, comme s’il cherchait une ouverture par où s’échapper. Ce qui frappe en lui, c’est un corps et un esprit s’entraînant sans arrêt, perpétuellement tendus vers l’effort, vers l’œuvre à réaliser. Nos hôtes, nous l’avons dit, furent reçus dans l’intimité. Douglas, qui comprend le français, laisse à Mary Pìckford le soin de s’exprimer dans notre langue, ce dont elle s’acquitte avec une ìnfinie bonne grâce.

Jean Vignaud (Ciné-Miroir n. 51, 1 juin 1924)