La présentation du film Madame Tallien

Paris, 17 Janvier 1920.

Lyda Borelli et Amleto Novelli dans "Madame Tallien" (Archivio In Penombra)

Lyda Borelli et Amleto Novelli dans “Madame Tallien” (Archivio In Penombra)

Il y a de par le monde une société de gens convaincus qui dépensent une activité inlassable et des sommes importantes pour la propagation de leurs idées: j’ai nommé les Théosophes.
La Théosophie est une sorte de religion spiritualiste et philosophique dont l’idée maitresse est la “réincarnation.”
Pour ma part, je n’avais pas encore rencontré d’exemple probant d’un tel phénomène, quand les nécessités parfois agréables du métier cinégraphique me mirent ce matin en face de Lyda Borelli, ressuscitant sur l’écran la célèbre Mme Tallien. Pris par le charme captivant de cette admirable créature, je me disais que les Théosophes pourraient bien avoir raison et qu’incarner aussi parfaitement et complètement un personnage ne doit être possible que si on l’a déjà vécu dans une existence antérieure. Lyda Borelli est la « réincarnation » de Mme Tallien. Elle est belle, élégante, gracieuse; harmonieuse comme l’était cette belle Thérésia Cabarrus, devenue Marquise de Fontenay, puis femme du Conventionnel, et son masque de camée reflète d’une façon saisissante la flamme d’amour, de courage et d’intelligence dont le feu intérieur l’anime tout entière. Son jeu est sobre et juste. L’expression, surtout dans le mépris et le dégout est éclatante de vérité.
Je vous le dis, ce que nous avons vu ce matin, ce n’est pas Lyda Borelli, c’est Mme Tallien.
Autour de certe étoile de première grandeur, gravitent trois interprètes dont l’éclat est suffisant pour ne pas paraître de l’ombre dans certe lumière, et dame, ceci est bien la meilleure chose que je puisse dire d’eux, car l’entreprise était osée de jouer à coté d’elle et de briller tout de même dans son rayonnement.

M. Amleto Novelli, dans le rôle de Tallien, a dans son jeu autant de panache (c’est le cas de le dire) que sur son chapeau à trois plumes d’autruche frisées de commissaire de la Convention. Il est bon et même sympathique; je vous assure « sympathique » et c’est difficile dans un tel rôle. Il a une manière si cordiale de vous envoyer à la guillotine que c’est à vous en faire regretter cette distraction, réservée aujourd’hui à de rares privilégiés (Entre nous elle avait autrement de ragout que le dancing, avouez-le!). Il est vrai qu’il rachetait ce semblant de sévérité par une indulgence et des absolutions, intéressées d’ailleurs, dont il faillit être la première victime.
Si M. Novelli est bon, l’artiste dont je regrette de ne pouvoir citer le nom, et qui interprète le rôle de l’amoureux intrépide est charmant. Il a su apporter dans ce rôle une mesure exacte, et, sans tomber dans le précipice du mélo, il nous a fait éprouver le vertige des abîmes du danger et de la témérité. Les scènes d’amour sont d’une grâce parfaite et respirent le bonheur que le péril décuple.
Robespierre est bien la plus sinistre figure de la Révolution. L’aspect de ce sectaire glacial, de ce monomane de la guillotine fait passer dans les vertèbres le frisson du couperet dont il était la vivante image. M. Fabiani avec son élégance sobre, son geste sec, sa face cruelle, a réalisé d’une façon saisissante le personnage exact du tyran. Dans la scène de l’arrestation et de ta mort, il ne manque pas de grandeur tragique.

Madame Tallien (Archivio In Penombra)

La Convention dans “Madame Tallien” (Archivio In Penombra)

Les Italiens sont maitres dans l’art de faire mouvoir les foules à l’écran et sont très supérieurs en cela aux Américains. Les scènes d’émeute dans la rue sont d’un réalisme saisissant, et là le film italien triomphe incontestablement. Ces masses évoluent avec une vie, un naturel et une vraisemblance réellement déconcertante, et c’est dans ces mouvements multiples et compliqués que l’art du metteur en scène éclate.
Je ne saurais assez louer le talent de M. Guazzoni à qui nous devons les magnificences de cette belle réalisation. Le contraste€ est poignant entre la grâce insouciante de la fête dans le pare du Marquis de Fontenay et le déchaînement du peuple dans la rue. Il y a là une succession de tableaux tour à tour poétiques et charmants, puis d’une violente bestialité dont l’opposition est d’un dramatique intense. L’appel des condamnés à la prison des Carmes est fort impressionnant, mais le clou de la mise en scène est la séance de la Convention. C’est d’une vérité et d’une intensité dont je a’ai pas souvenir que rien encore ait approché.

A ceux, qui ce matin critiquaient qu’il y eut dans le Jardin du Marquis de Fontenay à Paris, des aloès (qu’une insuffisance botanique leur faisait d’ailleurs dénommer cactus), je répondrai qu’il y a des palmiers en pleine terre au parc Monceau et des aloès aussi, en été, et que la critique, pour être impartiale, doit juger d’ensemble et ne pas chiner seulement des détails.
Dire néanmoins que la mise en scène n’eût pas gagné à s’éclairer des conseils érudits d’un Lenotre ou d’un Funck-Brentano serait inexact. Si beaucoup de tableaux, tel que l’atelier de Mme Vigée-Le Brun fleurent l’époque plein nez, d’autres, comme le tribunal révolutionnaire sont à c6té de la tradition. Une visite préalable au Musée Grévin s’imposait.
Quant à l’action elle-même, elle se ressent de l’époque et des événements eux-mêmes qui l’ont engendrée.
Songez que vous assistez à la reconstitution visuelle de toute la Révolution, depuis la prise de la Bastille jusqu’à la fin de la Terreur. C’est l’ouragan révolutionnaire qui souffle en tempere à travers toute l’action, la domine, et je dirai l’écrase lourdement. Les préoccupations amoureuses de Mme Tallien et de son fiancé, les combinaisons intéressées ou érotiques de Tallien et des autres nous paraissent bien pâles, bien mesquines, bien insignifiantes, mesurées aux événements qui entraînent toutes ces marionnettes dans leur tourbillon effréné.
Et puis une erreur fondamentale de conception s’est glissée dans le scénario. La pensée de l’auteur est de placer l’héroïne entre son amour pour son fiancé, et la nécessité où elle se trouve de renoncer à son amour et d’épouser Tallien pour sauver la vie de celui qu’elle aime. Or, Talllien ne semble pas déplaire, mais là pas du tout, à la Marquise de Fontenay et elle envisage comme un pis-aller très acceptable de devenir l’épouse du héros du 7 thermidor. Combien la situation eût été plus dramatique si elle avait haï Tallien.
Ces réserves faites, ce sont deux heures d’enchantement que vous procure la vision de cette oeuvre admirable que doit couronner le plus absolu succès, si le sentiment du beau n’a pas complètement déserté cette triste planète. C’est un des plus beaux, oserai-je le dire, le plus beau film qu’il m’ait été donné de voir? La photographie en est admirable, simplement.

Laissez-moi déplorer, en terminant, que nous, Français, qui possédons la plus riche littérature du monde, qui avons une histoire unique, tour à tour glorieuse, tragique et romanesque, nous nous laissons déposséder par l’étranger de tous les avantages artistiques et matériels que leur reconstitution à l’écran ne manquerait pas de nous procurer. Et cela pourquoi? Parce que les grandes maisons françaises trouvent qu’elles ont moins de mal à gagner beaucoup d’argent en important des films étrangers qu’en se donnant la peine de les créer elles-mêmes et d’en surveiller l’exécution! Et aussi parce que les exploitants out posé un axiome idiot: « Le public ne veut pas de films en costumes ». Qu’il avouent: « Nous, les exploitants, nous ne voulons pas de films en costumes parce que, obligatoirement, le film en costume c’est de l’histoire, et comme nous ne la savons pas, nous ne pouvons pas comprendre le film », soit! mais qu’ils n’aient pas l’impudence de tirer argument de leur propre ignorance pour prétendre qu’ils représentent la tendance de la masse et de substituer à son goût à elle leur propre absence de goût à eux!
Nom d’un chien! il y a pourtant en France pas mal de gens qui ont leur certificat d’études primaires!
Le succès de Mme Tallien ce matin au « Lutetia », anéantit ce préjugé fabriqué de toutes pièces par la vanité imbécile des ignorants, tant au détriment du public… qu’à celui de notre industrie cinématographique.
Mme Tallien, messieurs les exploitants, quoiqu’un film en costumes, est une merveille et sera un triomphe.
C’est égal, Tallien-Novelli est un heureux coquin, et j’avoue que pour certe Thérésia-Borelli là, moi aussi, je risquerais bien la guillotine.

Jacques Cor
(La Cinématographie Française – Archivio In Penombra)

Pubblicato in Cronologia 1920, Film | Contrassegnato , , , | Lascia un commento

Metropolis film delle future lotte sociali

Metropolis Fritz Lang, gennaio 1927

Il grande trionfo della presentazione di Metropolis a Berlino (Kines, gennaio 1927 – Archivio In Penombra)

“Questo film, dovuto ad un direttore artistico veramente geniale, non soltanto addita nuovi orizzonti al Cinematografo, ma è altresì di grande insegnamento per chi si occupa di scenografia teatrale. Questo, senza stare a parlare del valore etico e sociale del film, che è grandissimo”
Max Reinhardt 1927

Berlino, 10 gennaio 1927

Il mondo cinematografico di Berlino attendeva con impaziente curiosità l’ultima produzione di Fritz Lang: Metropolis.

Il creatore del Dr. Mabuse e dei Nibelunghi, uno dei migliori direttori artistici del mondo, uno dei più originali e più potenti, è stato quasi il solo a restar fedele alla U.F.A.

La prima rappresentazione che ha avuto luogo questa sera, ha rappresentato, forse, l’avvenimento più importante della stagione: tutta Berlino era convenuta per applaudire Fritz Lang e la sua più diretta collaboratrice, la Signora Thea Von Harbou (che è poi sua moglie) e la protagonista, Signorina Brigitte Helm.

Fritz Lang disdegna i piccolo soggetti ricavati dalla attualità quotidiana; egli si compiace invece a cimentarsi con le maggior difficoltà, a realizzare ciò che sembra irrealizzabile. La sua immaginazione si compiace a far rivivere il passato più lontano o a divinare il futuro.

Metropolis è una specie di film profetico, che ha, forse, un riscontro nella Eva futura di Villiers de L’Isle-Adam e nella Machina del tempo di H. G. Wells.

Metropolis è la grande città dell’avvenire, in cui gli aeroplani circolano tra i grattacieli; prodotto di una industrializzazione intensiva. Questa città è abitata da due classi di uomini divenute del tutto estranee l’una a l’altra; i ricchi, i potenti della terra vivono all’aria e al sole godendo di tutti i lussi e di tutti i piaceri, i lavoratori sono relegati sottoterra; schiavi della macchina essi vivono alla luce delle lampade elettriche, e i loro bimbi sono pallidi, miserandi e tutta la loro vita scorre senza gioie.

(…)

La più sottile analisi critica non saprebbe dare una pallida idea di questo film, che è notevole soprattutto per l’abbondanza, per l’ampiezza e per la varietà delle scene, per i movimenti di masse, per la ricerca di scene fantastiche e per l’impiego di mezzi tecnici nuovissimi.

Il contrasto tra la vita sotterranea dei lavoratori e l’esistenza sontuosa dei milionari, i quadri della grande città dell’avvenire, la scena del rogo, quelle dell’inondazione, il salvataggio di migliaia di uomini e fanciulli, rappresentano la più potente realizzazione cinematografica fin qui vista.

Certo la scena più singolare è quella del laboratorio. La fabbricazione dell’uomo-macchina, la trasfusione della vita mediante onde elettriche sorpassa quanto è stato fin qui fatto nel campo della fantasia. Per riuscire a fotografare queste onde, lunghissimi e difficili sperimenti sono stati tentati, ed il risultato meraviglioso ottenuto rappresenta una rivoluzione nella tecnica cinematografica.

Il merito maggiore di Fritz Lang è la precisione con cui ha saputo utilizzare i personaggi. Se si pensa alla difficoltà di dirigere 50 attori, tremila settecento comparse e circa mille fanciulli, di cui ogni movimento deve essere razionale, ci si può fare un’idea dell’enorme e intelligente lavoro esplicato da Fritz Lang. Altra singolarità è questa: Fritz Lang è un avversario delle dive e dei divi. Egli ha scelto per impersonare la protagonista una fanciulla di 21 anni: Brigitte Helm, che non aveva mai lavorato in cinematografo, ed ha ottenuto che essa si piegasse perfettamente alle difficoltà di un ruolo vario, durissimo come fatica fisica e che richiedeva grande varietà e potenza di espressione. Anche il giovane innamorato è stato impersonato da un ragazzo che lavorava per la prima volta in un ruolo importante: Gustav Fröhlich. Quantunque questo film duri la bellezza di due ore e mezzo, non un istante l’interesse degli spettatori è venuto meno e, infine, un caloroso applauso ha coronato tanta fatica.

Questo film di essenza futurista e che apre nuovi orizzonti alla sempre perfettibile nuovissima arte, è certamente destinato a un successo mondiale che sorpasserà ogni successo fin’ora registrato nel campo cinematografico; senza contare che esso ha un contenuto sociale di primissimo ordine che tende a dimostrare la necessità della profonda e amorevole collaborazione del braccio col pensiero, del lavoro col capitale.

Metropolis U.F.A. Palast Berlino, gennaio 1927

Metropolis Ein Film Von Fritz Lang, U. F. A. Palast Berlino, gennaio 1927 (Archivio In Penombra)

Per il lancio di Metropolis l’U.F.A. Palast è stato inverniciato di una polvere argentea che ha uno straordinario potere luminoso, sicché di giorno il palazzo appare splendente, e di sera, illuminato da molti e potenti riflettori, appare illuminato da bagliori d’incendio.

(Kines, Roma 13 e 20 gennaio 1927 – Archivio In Penombra)

Pubblicato in Cronologia 1927 | Contrassegnato , , | Lascia un commento

Le Mal (la concurrence)

Le Courrier Cinématographique 3 janvier 1914

La semaine du Nouvel An, par suite des écarts de temperature que nous subissons à Paris depuis une dizaine de jours, est extrêmement mauvaise pour les salles de spectacle cinématographique. Les recettes baissent partout irrésistiblement, et les Directeurs altérés ne savent plus à quel saint se vouer.

En effet, aucune salle n’échappe à la loi générale dictée par le baromètre. Et tel beau parleur, qui prétendait , il y a quelques semaines à peine, réaliser de mirifiques recettes et des bénéfices considérables, se demande aujourd’hui, non sans inquiétude, comment il réglera sa facture de location, si cela continue.

En effet, rien ne semble produire d’impression sur la foule. Les premières semaines passent inaperçues; les exclusivités coûteuses n’ont pas plus de bonheur.

Les grands Boulevards, promenoir du monde entier, aujourd’hui balayés par la neige et le froid, sont déserts; les rues les plus fréquentées de Paris ne comptent que de rares passants qui fuient d’un pas pressé pour regagner le logis. Et le miroitement électrique des façades de Cinémas ne leur fait plus tourner la tête.

L’observatoire, heureusement, nous annonce un changement de temperature et tout rentrera bientôt dans l’ordre normal des choses. Toutefois, on a pu remarquer l’inanité de certaines manœuvres devant l’inclémence du temps. Et le fait d’avoir manqué la recette pendant une quinzaine a déséquilibré bon nombre d’exploitations que je connais, et qui, il y a quelques semaines à peine, se livraient sur leurs concurrents à une surenchère aussi folle que ruineuse.

Il est probable que beaucoup d’Exploitants sont revenus à de meilleurs sentiments  et à une plus juste appréciation des affaires commerciales. Si cette douche glacée, qui vient de leur choir sur la tête, pouvait provoquer une telle transformation, elle leur aurait rendu un signalé service à tous.

Le mal dont on se plaint est imputable, à n’en point douter, aux Exploitants. Les hausses de tarifs dont ils meurent sont également créées par lui-même, parce qu’il suit une mauvaise orientation générale.

En effet, dès qu’un film quelconque est signalé, on ne sait pourquoi tous les Exploitants, comme un seul homme, se précipitent dessus, alors que la même semaine, beaucoup d’autres films seraient autant dignes d’attirer leur attention.

Non! Un tel a commandé tel film, il le faut à tel autre et a tel autre encore. Les Loueurs achètent un grand nombre de copies, haussent les tarifs pour faire tout de même une sélection, et tout Paris affiche en même temps la même vedette. La clientèle vient, se répartit entre tous les cinémas et attend la semaine suivante pour revenir.

Si, au contraire, nos amis mettaient toute leur ambition à passer un programme différent de celui du voisin d’en face, d’à-côte ou de plus loin, les amateurs de cinémas iraient d’un établissement dans l’autre et chacun en ferait son profit:

1° En réalisant un moyenne de recette à peu près constante;
2° En payant des tarifs rémunérateurs;
3° En évitant une concurrence directe qui amène avec elle mille obligations coûteuses.

D’autre part, les achats des Loueurs se répartiraient sur toutes les marques. Ils loueraient leurs films et les amortiraient plus aisément, puisqu’ils fourniraient aux exploitants des pièces différentes.

Les Editeurs auraient une vente plus stable; les Loueurs pourraient se constituer une clientèle moins fugace et le public, lui-même, en trouvant un aliment à sa curiosité, viendrait plus fréquemment au Cinéma.

En un mot, tout le monde y trouverait son compte et nous en aurions fini avec toutes ces chicanes qui désolent et amoindrissent notre corporation.

Puisque nous entrons dans une ère nouvelle, secouons donc à son seuil, avec la poussière du chemin, les erreurs et les abus du passé, et repartons sur des bases plus équitables, plus fermes, et plus commerciales.

Tels sont les souhaits que le Courrier formule aujourd’hui, à l’aurore de l’an 1914.

Charles Le Fraper
(Le Courrier Cinématographique, Paris 3 Janvier 1914 – archivio in penombra)

 

Pubblicato in Cronologia 1914, Esercenti | Contrassegnato , | Lascia un commento

Cinema italiano e mercati esteri

"I Borgia" di Caramba, Medusa Film Roma 1920, fotografia di Carlo Montuori (archivio in penombra)

“I Borgia” inscenato da Caramba (Luigi Sapelli), Medusa Film Roma 1920, fotografia di Carlo Montuori (archivio in penombra)

La convinzione che, per vivere, è necessario vendere all’estero, è finalmente nel concetto di tutti. E anche nel concetto di tutti è la persuasione che per vendere all’estero è necessario produrre bene, e competere degnamente con le migliori case straniere.

Dal pensiero si è cominciato a passare all’azione. Pellicole come I Borgia e come Il Sacco di Roma hanno vittoriosamente valicati i confini, ed hanno ottenuto ed ottengono un grande successo in Inghilterra e Francia, successo che preparerà e faciliterà alle due pellicole l’ingresso sui mercati sud e nord americani.

Altri lavori d’eccezione sono stati proiettati nello scorso anno, ed altri ancora verranno fuori al più presto, con indiscutibile vantaggio per tutta l’industria.

Ma è innegabile però che noi non possiamo produrre solo I Borgia, Il Sacco di Roma, Theodora ecc., e che non possiamo limitarci a mandare all’estero solo dei capolavori. Anche i buoni lavori di repertorio hanno diritto di cittadinanza nel mondo intero. L’America ci ha inviato Intolerance, ma anche la serie Pearl White, la Germania ci ha dato Madame du Barry, ma anche le pellicole di Neumann, Oswalda ecc.

Anche noi possiamo e dobbiamo esportare, dopo I Borgia, le buone pellicole di repertorio sulle quali si fa il maggior lavoro.

Per far ciò è necessario farci conoscere ed apprezzare all’estero, diffondere sui mercati internazionali la convinzione che abbiamo anche noi della produzione eccellente.

La cinematografia, che al suo nascere ha suscitate tante discussioni, oggi non ancora sopite, sulla prevalenza dell’arte o dell’industria in essa, aspetta ancora una definizione.

Noi ci lusinghiamo di darne una possibile, dicendo che la cinematografia è… cinematografia, e cioè arte, industria, politica, letteratura e teatro al tempo stesso. Sopratutto è un potentissimo mezzo per la diffusione della civiltà e del progresso.

A quest’opera altissima noi crediamo che tutti abbiamo il dovere di consacrarci, italiani e stranieri, perché civiltà e progresso non sono patrimonio esclusivo di nessuna nazione, ma di tutta l’Umanità.

Giudizi francesi su I Borgia. Da Hebdo Film N. 51 – 18 dicembre 1920:

Gli italiani sono diventati dei maestri nelle ricostruzioni storiche per il cinematografo. Come deploriamo vivamente la loro ostinazione attuale a sciupare dei miriametri di pellicola a girare drammi moderni d’una incredibile ingenuità e d’un sentimentalismo ridicolo, così rendiamo loro la giustizia di dire ch’essi evocano il passato con una rara scienza fotogenica e una erudizione perfetta.

Il personaggio di Cesare Borgia ci riporta a l’epoca un po’ misteriosa della Rinascenza, verso la fine del quindicesimo secolo, in cui il papato era potentissimo, dove assistiamo al conclave per l’elezione del cardinale Rodrigo Borgia. Questi due nomi sono diventati celebri nella storia. Cesare Borgia aveva una influenza considerevole sul Papa suo padre, e sognava di conquistare tutta la penisola. Egli realizzò i suoi scopi a prezzo di crimini abominevoli. È questa la pagina della storia italiana che il film racconta.

Non sappiamo che cosa bisogna lodare di più in questa opera cinematografica, se la cura di rispettare la storia o se il lavoro considerevole dell’inscenatore. In tutti i casi crediamo che vi si cercherebbe invano un anacronismo nella recitazione e nell’esecuzione. I costumi ed i décors sono benissimo ricostruiti. Certe scene, specialmente quelle del ballo nella sala dei papi, il conclave, i funerali di Alfonso d’Aragona, il banchetto nella sala dei santi, la rivolta del popolo e la benedizione finale d’Alessandro IV, che contengono enormi masse, sono ammirabilmente regolate, e d’un effetto impressionante. Altre, come l’assassinio del Duca d’Aragona, sono interpretate con vera maestria.

Sempre eccellenti sono la fotografia e le luci. In breve: è un film accuratissimo e destinato a un grande successo.

L’interpretazione c’è sembrata degna dell’opera. Cesare Borgia possiede una figura patibolare a sufficienza per commettere i crimini che vediamo; Lucrezia, sua sorella, è innanzi tutto una bella donna benché un po’ fredda. Il papa Alessandro ha un volto in cui s’alleano paura e perfidia. D’Aragona è il più bel gentiluomo di Roma, il condottiero Michelotto ha una testa da bandito d’un’altra età, tutta di circostanza. C’è anche il folle frà Vituperio che ha ottimamente reso il suo personaggio.

Ancora qualche film come questo e gli Italiani avranno riconquistata la nostra stima.

In attesa un gran Bravo!
(da Kines, Roma 1 gennaio 1921 – archivio in penombra) 

Pubblicato in Cronologia 1921, Film | Contrassegnato , | Lascia un commento

Un’attrice di stile Thaïs Galizky

Thaïs Galizky, Novissima Film 1917, manifesto di Enrico Prampolini (archivio in penombra)

Thaïs Galizky, Novissima Film 1917, manifesto di Enrico Prampolini (archivio in penombra)

Dopo una tournée in Francia e in Inghilterra, questa meravigliosa artista è venuta da noi; e nel paese dove il Cinematografo trionfa, ha accettato di far omaggio ad esso di tutto il brio indiavolato, di tutta la eleganza mimica di stile, di tutto il fascino pervertitore che anima la sua figura moderna fino al sogno.

Già accolta dalla Stampa entusiasta della capitale con parole di commossa ammirazione e di profonda deferenza, mentre Francesco Raineri, critico musicale del Giornale d’Italia scriveva: « la cronaca deve segnalare l’Arte di Thaïs Galizky, che per la prima volta abbiamo avuta occasione di apprezzare da noi; quando ella è già all’estero giustamente reputatissima » e mentre l’Idea Nazionale, con tutti i grandi quotidiani e con tutti i giornali artistici d’Italia salutava « l’arte di Thaïs Galizky, la meravigliosa cantatrice, tanto nota in Russia, in Francia e in Inghilterra », il successo indimenticabile di quella, che non era sola maestria del canto, ma era espressione orgiastica di tutto un prezioso temperamento di attrice, faceva segnalare dal Cinema la grande artista di stile, la raffinata, superba artista, che avrebbe dovuto dare alla scena nova il dono squisito di sé stessa.

Così una novella Casa — che per il suo indirizzo di modernità sapiente, squisita e disciplinata, si chiama Novissima, e che, per il nome del Direttore, garantisce il buon gusto e la nobiltà della sua produzione — ottenne dalla grande artista russa la concessione di tutta la sua arte e di tutta la passione di cui ella sa accendersi per le cose belle.

La musicalità plastica di questa prodigiosa attrice, che non con soli gesti recita, ma con le innumerevoli espressioni di tutto il corpo e con i mezzi più spontanei affioranti alle superfici esperte della sua arte, è meravigliosamente cinematica. Mai attrice più colorita vedemmo, nella modulazione dei suoi gesti morbida o guizzante, timida o audace, estetica o travolgente, beatificante o disperante. Quando ella cammina o gestisce, o parla, tutta una orchestra divina godiamo, le cui espressioni, piene di slancio, confessate o represse, convulse o ridenti, sgorgano a fiotti, scoprendo tesori nuovi d’emozione.

E il successo dell’arte di Thaïs Galizky, sulle scene dei maggiori teatri europei, è dovuto appunto alla esuberanza dei suoi mezzi mimici. Solo vederla camminare e gestire è una gioia!

Esaltando la grande attrice, uno scrittore, per dire che non è la sola danza che le dà il successo quando danza, e per dire che non è il solo canto che le dà il successo quando canta, ebbe a scrivere di lei « cantatrice muta » e « danzatrice immobile ».

Si comprende con questo, come lo « snello femmineo adolescente », il fascino musicale, la « visione d’hachisch » Thaïs Galizky debba essere la più naturale, la più congenita, la più logica e preziosa attrice del Cinema, il quale, per la sua stessa natura, trae primo profitto appunto dalla mimica e dallo stile raffinato.

(…)

E peraltro è facile comprendere che, contenere in scena un’artista così strana, così curiosa nella sua figura altissima, snella, pieghevole, non era compito facile, non era problema risolvibile se Anton Giulio Bragaglia, il Direttore Generale, inscenatore della Novissima Film, non avesse saputo ambientare con visioni ideali e ipotesi sbalorditive dell’interno di stile, questa eccezionale figura.

Il bizzarro letterato, sebbene nuovo al Cinematografo — egli è anche Direttore  della sontuosa rivista La Ruota e delle superbe Cronache d’Attualità — ha saputo creare ambienti strani, d’arte nuova, ove tanto più l’attrice russa si trova a suo agio, quanto men vi si sarebbe trovata qualcuna delle nostre tragiche. La pellicola Thaïs della Novissima Film, annunziata dalle fotografie pubblicate recentemente, è per questo complesso di mezzi scenografici e scenici, tutta una sinfonia modernissima, originale, provocante la curiosità e già soddisfacente l’aspettazione, con i soli quadri delle scene in cui la Galizky sia l’ornamento più strano: il fiore più incredibile. Così una nuova strada, una strada veramente nuova e geniale è stata aperta all’arte cinematografica da Anton Giulio Bragaglia, innovatore tenace e felice in tutte le sue imprese d’arte. E così una nuova attrice, nuova al cinema, ma ideale del cinema nuovo, è apparsa da noi, preceduta dalla sua fama, epperò presentata in modo regale, perché la fama le venne dalle sue doti di stile, dal suo fascino esteriore, dalla sua eleganza mimica, oltre che dalla maestria del canto.

Franco Rossi
(La Cinematografia Italiana ed Estera, 31 dicembre 1916-15 gennaio 1917, archivio in penombra) 

Pubblicato in Cronologia 1917, Film, Personaggi | Contrassegnato , | Lascia un commento