Travail – Henri Pouctal 1919

Travail Henri Pouctal Paris 22 novembre 1919

Décembre 1919

Samedi dernier 22 Novembre, en présence d’une foule nombreuse et choisie d’amateurs de beaux films, la Maison Pathé présentait dans son Palace du boulevard des Italiens, les deux premiers chapitres de Travail.

C’est un morceau d’importance, si l’on considère le temps consacré à cette réalisation, les capitaux engagés qu’on dit énormes, et la liste des nombreux interprètes qui est un véritable indicateur du firmament cinématographique tant les étoiles y foisonnent.

De l’œuvre littéraire, de sa portée philosophique ou sociale, je dirai rien. L’auteur de Travail a connu les joies du triomphe et les angoisses de la plus violente impopularité. J’espère qu’une plume plus autorisée que la mienne traitera cette question pour les lecteurs de La Cinématographie Française, car l’adaptation au cinéma des œuvres célèbres de notre littérature peut avoir pour l’avenir de notre industrie une importance qui dépasse un peu le cadre de l’hebdomadaire critique.

Je ne parlerai donc que du film Travail et non du roman.

Ce n’est pas précisément d’une adaptation qu’il s’agit, mais bien plutôt d’une transcription. Le sujet imaginé par le romancier se déroule sur l’écran tel qu’il est exposé dans le livre et l’adaptateur a même respecté pour ses sous-titres la prose de l’auteur, ce dont les amoureux de la langue française ne le féliciteront pas.

Qu’on se figure Travail roman de M. Émile Zola orné d’illustrations et on aura une idée assez exacte du labeur accompli par M. Pouctal et ses collaborateurs. Ces illustrations, images animées des scènes inventées par l’auteur son, au reste, fort intéressantes et témoignent d’une rare souci d’exactitude. L’irai plus loin. Grâce au talent des interprètes, les personnages sont beaucoup plus réels à l’écran que dans le livre et on sent que ces artistes ont apporté le meilleur d’eux-même à l’exécution de ce film, animés qu’ils furent d’une foi intense et du plus pur sentiment de la vérité.

L’œuvre touffue de M. Zola comporte un nombre considérable de personnages ayant tous une importance marquée. Le difficile était précisément de réunir une troupe homogène composée non plus d’une ou deux étoiles entourées de comparses, mais d’acteurs de talent possédant chacun les qualités se son emploi.

Il faut féliciter sans réserves M. Pouctal d’avoir réussi à obtenir une distribution comme jamais on n’en vit à l’écran d’aussi brillantes ni d’aussi complètement dans la note.

Je mets de suite à part M. Léon Mathot. Il y a deux ans, j’ai écrit sur cet artiste un article enthousiaste qui me valut quelques méchantes critiques. On me reprocha d’exagérer et de confondre le talent avec les avantages physiques. J’ai la grande joie de constater aujourd’hui que les espoirs fondés sur ce jeune artiste se sont pleinement réalisés. Dans le personnage de Luc Froment M. Mathot a donné le maximum d’expression concentrée, d’émotion véritable et de compréhension artistique. Avec des moyens d’une remarquable simplicité, une grande sobriété de gestes, un naturel absolu dans l’attitude, il a donné au personnage une intensité de vie qu’on ne trouve pas dans le roman. Même dans les passages où le naturaliste Zola s’est laissé entraîner à un romantisme un peu déconcertant, Luc Froment demeure émouvant par le jeu profondément humain de son magnifique interprète.

Avec Léon Mathot le film français possède un élément de réalisation artistique qui justifie toutes les ambitions.

A côté de ce maître de l’art muet, Mlle Huguette Duflos a très intelligemment compris son rôle de Josine, fleur parfumée éclose dans la fange. La belle artiste a su, malgré les invraisemblances du personnage, en rendre, sans inutiles exagérations, tout le côte douloureux et tendre. La tâche était ardue, car il s’agissait d’éviter l’excès auquel ce genre de rôle entraîne trop aisément les artistes. Mlle Duflos, sans être exagérément larmoyante, a donné la note juste de ce difficile rôle. Elle a eu aussi, le bon esprit de demeurer jolie sous ses haillons. Bien peu de nos étoiles y eussent réussi.

Mlle Claude Merelle assume la tâche ingrate d’incarner Fernande Delaveau; elle a pour cela tout le charme, toute la beauté plastique nécessaire. Très fine, ave cela, cette jeune artiste me paraît toute indiquée pour les rôles de grandes coquettes auxquels elle apportera avec son impeccable beauté, l’autorité d’un talent déjà très sûr.

Mlle Lyonel est tout à fait la « sœurette » qui convenait; Mlle Juliette Clarens a beaucoup d’élégance et Mlle Simone Damaury est une sympathique boulangère.

S’il me fallait dire tout le talent que déploient Mmes Henriette Gautier, De Lafory, Nova, etc…, dans leurs rôles de femmes du peuple, toutes les qualités déployées par ces artistes sincères et convaincues, je n’aurais pas assez de la place qui m’est accordée dans cette revue. Que toutes reçoivent ici le témoignage de ma sincère admiration.

Le côté masculin n’est, du reste, pas moins bien partagé. Le rôle de Delaveau, le maître de forges, est tenu avec l’autorité que l’on pense, par M. Raphaël Duflos. M. Marc Gérard apporte au personnage de Martial Jordan toute sa science de composition qu’il force peut-être un peu en l’occurence. Ragu, la brute, c’est M. Camille Bert, et ce serait trop peu dire que le rôle est bien tenu. C’est une véritable révélation, et M. Bert peut se vanter d’avoir impressionné les spectateurs au delà de toute expression. J’en dirai autant de M. Fabre qui a fait de Bonnaire un type d’une criante vérité.

MM. Gilbert Dalleu, Peyrière, Bosman et tous leurs camarades sont saisissants de vérité.

Et les rôles d’enfants, avec, en tête, Fabien Haziza et Simone Genevois sont admirablement tenus.

L’adaptation cinématographique de Travail qui, peut-être, ne s’imposait pas, aura eu du moins ce beau résultat de mettre en lumière les incomparables artistes français sur lesquels l’industrie du film peut, compter. Avec une telle interprétation, la mise en scène, en ce qui concerne le jeu des acteurs, a dû être exempte des habituelles difficultés. Quant au cadre dans lequel se déroule l’action, les deux premières parties ne se prêtent pas à un examen critique définitif. Certes, les vues du Creusot et de Decazeville sont fort belles et intéressantes, mais les documentaires parus sur ces cités ouvrières nous ont quelque peu blasés. A part ces tableaux du labeur humain, rien de nouveau ou d’original n’est à citer. Le bureau du maître de forges Delaveau est indigent. Le café de Caffiaux ressemble comme un frère à un bistrot de Ménilmontant. Pendant qu’il était à Decazeville ou au Creusot, le metteur en scène aurait pu trouver un plus pittoresque et plus réel assommoir.

Un mélange assez confus des éléments modernes avec ceux de l’époque déconcerte quelque peu l’œil de l’observateur. J’approuve le choix des toilettes copiées sur la mode d’aujourd’hui. Si on eût affublé ces dames du pouff ridicule de 1880, c’eût été grotesque. Mais alors l’automobile s’impose à la place du landau. Il y a comme cela quelques détails un tant soit peu négligés.

Quant à la photo, je pense qu’il vaut mieux n’en pas parler. On dit qu’un million et demi furent consacrés à l’exécution de Travail. Il y avait de quoi acheter des lampes et des groupes électrogènes, que diable… Quand donc nos grandes maisons éditrices se convaincront-elles que rien de bien ne sortira de leurs studios tant qu’elles n’auront pas doté ceux-ci des procédés modernes de travail sans lesquels leurs metteurs en scène sont condamnés à la médiocrité?

Les deux premiers chapitres de Travail montrent ce qu’on peut attendre de l’industrie cinématographique française lorsqu’a nos incomparables artistes viendra se joindre l’effort purement technique que nous réclamons et que nos concurrentes des Etats-Unis ont depuis longtemps réalisé.
(La Cinématographie Française, n. 49)

Film restauré par la Cinémathèque Française 

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La Piovra al Cinema Quattro Fontane

Petrovich (Amleto Novelli) in La Piovra (1919)

Petrovich (Amleto Novelli) in La Piovra (1919)

È un film ricco di un pregio indiscutibile: una magnifica interpretazione da parte di tutti gli attori.

Francesca Bertini, rivive in questa Piovra i suoi tempi più belli. La sua bocca bellissima rimane bella: essa non la torce mai. Abbiamo detto mai. Ciò ci consola perché ci dimostra che la critica serve a qualche cosa se gli artisti ne tengono conto e ne seguono i consigli.

Quello che non ci ha persuasi è stato il soggetto, troppo fuori della realtà. Ammesso anche che questa principessa Daria (Francesca Bertini) non trovi l’energia sufficiente per gridare al marito (Livio Pavanelli): Non sparare! Questi non è il mio amante!, è uno che mi ha salvata dalla violenza di un bruto! — non si comprende come in un anno di processo non emerga questa circostanza. L’amante non è morto, ma solo ferito: guarisce e guarisce bene. Il marito è arrestato e processato: questo non si vede, ma si capisce e del resto il titolo lo spiega. Egli deve pur rispondere a un interrogatorio, deve pur dire: ho ferito l’amante di mia moglie. Ed a ciò la moglie e il creduto amante debbono opporre la loro deposizione nell’interrogatorio, che — è bene ricordarlo — in periodo istruttorio non è interrogatorio pubblico, ma segreto, dove nessuno sa cosa dice un altro. E allora dal contesto del processo il Pavanelli deve apprendere che Daria è innocente e che innocente è il giovane principe Francavilla. perché dunque il divorzio?

E data questa premessa tutto il resto del dramma non regge che in virtù dell’assurda ipotesi. Meno male che l’interpretazione lo salva.

La Diva è stata il meno possibile Diva, ha colorita benissimo una parte la cui intensa drammaticità era illogica e voluta.

Amleto Novelli e Livio Pavanelli hanno reso benissimo i loro personaggi.

La mesa in scena non merita infamia: e ciò vuol dire che non merita lode.

(al Cinema Quattro Fontane di Roma dal 14 giugno 1920)

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Les idées de Germaine Dulac

Germaine Dulac au studio

Germaine Dulac au studio

Paris, Juin 1925

Madame Germaine Dulac, qui vient d’achever Âme d’artiste pour la Société Ciné-France-Film, est un metteur en scène qui a des idées fort arrêtées sur le cinéma et ses possibilités.

— Un aimable philosophe, me dit-elle, a écrit un jour: “Lorsque mes amis sont borgnes, je les regarde de profil”. Or, pour le public d’un côté, pour nous, auteurs, de l’autre, le cinéma est l’ami borgne que nous regardons seulement de profil. Le public ne dit-il pas: “Que la plupart des films sont donc puérils et sans intérêt!” Et nous autres: “Si le public voulait comprendre, s’il voulait nous suivre, que le cinéma serait beau!”
Il importe donc de franchir le mur d’inconnu qui sépare public et créateurs. Il importe de savoir ce que souhaite ce public et il importe que, nous autres, nous faisons connaître nos recherches d’artistes, nos intentions nouvelles, pour essayer de libérer le cinéma des vieilles formules où il se meut depuis son invention.
C’est ce  que j’appellerais, si vous le voulez bien, dit en souriant Mme Dulac, “le cinéma progrès.” Ce cinéma-là doit-être une forme neuve d’expressions, de pensées et de sentiments. Les images mouvantes doivent être comme une nouvelle écriture, une nouvelle palette de peintre, un nouveau ciseau de sculpteur, un nouvel archet de musicien. On a mis, jusqu’ici, le mouvement au service d’idées de romans, d’idées de théâtre, alors qu’il aurait fallu faire le contraire et mettre l’idée au service du mouvement. J’estime donc que nous déraillons:
1° Quand nous transposons à l’écran, des pièces, des romans;
2° Quand nous voulons raconter une histoire;
3° Quand nous mettons des sous-titres dans nos films.
Une suite d’images peut parfaitement émouvoir, sans que ces images soient liées par une intrigue. Tenez, je vais prendre un exemple concret et simpliste: j’ai vu, il n’y a pas bien longtemps, un film documentaire sur “la germination du blé.” Peut-on rêver idée plus simple? Eh bien! la succession des images de cette germination, la lente montée de ce germe vers l’air et vers le soleil, était émouvante par la sensation seule qui s’en dégageait.
Je reste donc persuadée que le cinéma peut nous émouvoir san personnage, partant sans décor et sans moyen de théâtre.

— Croyez-vous que le public puisse vous suivre sur ce terrain?

— Non, pas tout de suite! Ne demandons pas trop. Je ne voudrais pas supprimer, en un jour, des écrans, les jolies petites histoires que nous écrivons tous, parce qu’on nous les demande et parce que ce public que nous ne connaissons pas, les réclame, paraît-il; mais quand je peux, dans nos films, l’espace d’un court moment, échapper aux affabulations théâtrales et tenter d’émouvoir par la sensation seule, par le mouvement des choses vues en elles-mêmes, par des jeux de lumière, par des combinaisons de gestes, je n’y manque pas. Peut-être ainsi arriverons-nous, par étapes, à faire l’éducation de ce public qui nous suit et qui nous aime, et peut-être pourrai-je réaliser, un jour, sans être taxée d’incohérence, ce “film symphonique”, dont je rêve, et dans lequel chaque image contribuerait à une mélodie d’ensemble. Mais tout cela, je vous le répète, reste encore du domaine de l’idéal.

— Avant même qu’elle soit sortie, on dit le plus grand bien de votre dernière réalisation, Âme d’artiste?

— Oui, je suis heureuse de pouvoir vous déclarer que, pour la première fois, j’ai tourné un film avec des moyens inusités, grâce à la Société Ciné-France-Film, qui m’a donné toutes les facilités pur faire beau et bien.

Je m’en voudrais également de ne pas vous signaler combien j’ai été satisfaite de l’interprétation tout entière, de miss Poulton, de Mmes Ivette Andreyor, Gina Manès, Bérangère, de MM. Koline, Pétrovich, Henry Houry, et aussi des admirables décors de Lochakoff. Tous ont travaillé en plein accord et avec un entrain rarement constaté; aussi le résultat final est-il fort brillant.

Comme Mme Dulac achevait ces mots, je sentis tout à coup un choc sur l’épaule, tandis q’une pelisse soyeuse me frôlait la joue: c’était Syn, le chat de la maison, qui, s’étant élancé du haut d’un meuble sur mon épaule, venait prendre part à la conversation.

— Oh! monsieur, je m’excuse, j’adore les animaux, et Syn, ainsi que sa camarade Nelly, ont l’habitude de toujours se tenir dans mon bureau.

Nelly, en effet, une délicieuse “griffonne”, arrivait à la rescousse, jalouse, sans doute, des caresses que je prodiguais à Syn.

— C’est que Nelly est une grande vedette, vous savez; elle a déjà tourné dans Gossette et, sans doute, aurais-je encore besoin d’elle pour d’autres films.

— Je vois que vous avez déjà d’autres projets?

— Oui, mais je ne puis rien dire encore. Je viens de terminer Âme d’artiste avec des procédés techniques nouveaux, avec des décors nouveaux. Autrefois, j’ai réalisé la Cigarette et, lorsque je mesure le chemin parcouru, Âme d’artiste m’apparait comme “une cigarette de luxe”! C’est un film que j’aime beaucoup; comme une maman aime toujours son dernier né, mais maintenant je pense déjà à d’autres réalisations. Pour qu’un film soit parfait, il faut que le metteur en scène fasse lui-même le scénario, le découpage, la mise en scène, comme je l’ai fait pour Âme d’artiste. Je n’aime pas la division du travail en matière cinégraphique.

— Mais cela suppose, madame, un travail considérable et il y a bien peu de metteurs en scène qui pourraient s’y astreindre?

— Oh! reprend Mme Dulac, le travail est encore la meilleure des distractions et il faut se donner complètement à l’œuvre qu’on veut accomplir. Ainsi, actuellement, j’ai fait cinq scénarios sur le chantier; je me lève chaque jour à sept heures, et souvent, à dix heures du soir, je suis encore à ma table de travail.

Je jette un coup d’œil circulaire dans le vaste bureau, où ce laborieux metteur en scène féminin m’a accueilli. Du haut en bas, les murs ne sont que rayons garnis de livres.

— Vous aimez la lecture?

— J’adore les livres, la photographie, la politique. Si je ne faisais pas de cinéma, je ferais de la politique. Oui, je suis devenue encore plus féministe depuis les dernières élections, depuis que j’ai vu les affiches, les fameuses affiches, vous savez, où la France, la Serbie, la Roumanie étaient indiquées par une tache noire, comme étant les seuls pays où l’on ne vote pas. Il faut que la femme vote, dites-le!

Je l’ai dit.

René Manevy
(Ciné-Miroir)

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Ombre che passano

Ivan Mosjoukine e Nathalie Lissenko in Ombre che passano

Mosjoukine e Lissenko in “Ombre che passano” Alexandre Volkoff 1924. Sullo sfondo il cinema Volturno di Roma, o quel che resta, nel 2017 (foto cinema Volturno @kinetografo)

Prime visioni romane, giugno 1925. Ombre che passano al Volturno.

Ivan Mosjoukine, il grande interprete di Braciere ardente e di Giustizia, si mostra in questo film sotto un nuovo aspetto: quello di attore comico.

La sua comicità, che ricorda talvolta quella di Charlie Chaplin, avvalendosi di una sapiente semplicità di mezzi, ottiene il più grande effetto, ed è di un fine, arguto umorismo.

Tuttavia il film non è una commedia tutta da ridere.

Il soggetto — o scenario, come dicono i francesi — è spiccatamente russo: acuto nell’analisi psicologica, ha quel modo di considerar la vita, tra lo sconsolato e il disattento, e quella nebulosa indeterminatezza che sono caratteristiche della letteratura russa, e che non sempre trovano rispondenza nel nostro gusto, che non dimentica il quadrato senso logico latino.

Eccolo:

Luigi Barclay (Ivan Mosjoukine) è stato educato dal padre (Henry Krauss), professore di filosofia, nella vita semplice sana dei campi. Egli — dice un sottotitolo — è il prototipo della « mens sana in corpore sano ». Tuttavia vediamo questo modello di mens sana compiere alquante stranezze. Fra le quali, quella di immergersi nel mare insieme alla moglie (Andrée Brabant) e ad un… cavallo, che essi montano in due, essendo vestiti semplicemente dal costume da bagno. Ma indulgiamo volentieri a tale eccentricità, perché la giovane coppia nel succinto costume, montata sull’elegante cavallo di razza, è di un effetto plastico, che sedurrebbe un esteta pagano.

In tanta pace, giunge un’improvvisa notizia. È morto il nonno materno di Luigi, nominandolo erede di ben 25 milioni. Bisogna che egli si rechi a Parigi a prendere in consegna la cospicua eredità. E Luigi Barclay — comprato per la circostanza un completo da un mercante di abiti confezionati — e recando un’enorme corona mortuaria, parte per la ville lumière.

Quello che compie questo bel tipo sbalzato fresco fresco, col suo completo bell’e fatto e l’immensa corona di fiori, dall’ingenuità agreste dell’Happyland natio, in uno dei più grandi hôtels della babelica Parigi, è da non dirsi.

Con un milione anticipatogli sull’eredità in biglietti di banca che egli si caccia in tutte le tasche del suo ineffabile completo, egli dimentica completamente nonno, padre e moglie, e s’incanta ad ogni monella che gli vien fatto di adocchiare.

Infine, s’innamora, con tutta la forza della sua natura… primitiva, di una donna che pare riunisca in sé tutta la seduzione e il fascino di Parigi: madame Jaqueline (Nathalie Lissenko). Ma costei non è che un’avventuriera, alla quale egli è stato presentato da due eleganti imbroglioni, John Pick (Vautier) e Jonesco (Bardou), i quali vogliono servirsi di lei per impadronirsi della ricchezza dell’inesperto provinciale. Senonché, Jaqueline è presa anche lei d’amore per l’uomo che dovrebbe rovinare… (…)

Divertente nella macchietta di provinciale, nelle prime parti, appassionato ed accorato nel finale, Ivan Mosjoukine ha disegnato con arte versatile e grande finezza il tipo di Luigi.

Luminosa, nitida, la fotografia. Di piacevole effetto i virages, largamente usati dalle colorazioni delicate e riposanti.

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L’Art au Cinéma

L'art au cinéma par Louis Delluc

Invraisemblable, vraiment, que les Etats n’aient pas régné plus rigoureusement sur ce muet et sûr moyen d’éloquence. Songez à la gloire de Lyda Borelli ou de Gabrielle Robinne, parce qu’elles ont incarné quelques héroïnes pathétiques. Sarah Bernhardt, qui est illustre et qui a promené des chefs-d’œuvres sur tous les moyens de locomotion imaginables, est presque moins connue que Francesca Bertini, la brune Italienne dont une demi-douzaine de drames aussi bruns ont distribué la physionomie dans toutes les villes des cinq parties du monde. Quant à Charlie Chaplin, sous le nom de Charlot, n’a-t-il pas plus d’admirateurs qu’Albert Ier et Foch réunis? Un an, six mois ont suffi pour imposer aux habitants du globe un nom, une grimace ou un sourire. Voilà de quoi rendre modeste un littérateur, même avec des tirages de cent mille exemplaires.

Encore une fois, la mécanique est neuve. Bien excusables tous ceux qui l’ignorent ou la maltraitent. On leur parle d’une merveille qui n’est pas encore réalisée. Car il ne suffit pas que de toutes parts on y travaille, et que, groupes, les auteurs, poètes, peintres, musiciens, comédiens, apportent leur vision respective à cette grande vision; l’équilibre n’y est pas encore. On s’était installé dans ne maison pas terminée. Des poutres manquent, et aussi nombre de détails du confort moderne, si nécessaires à une chose moderne.

C’était trop simple à bâtir, pour qu’on ne prît soin d’abord de commettre mille folies. On a beau ne viser qu’un feuilleton ou un mélodrame, il est des convenances à observer. Ce fut un beau gâchis. Résumons: artistiquement, rien. Une malpropreté.

Mais commercialement…

C’était de l’or. Un film ne coûtait pas très cher et se vendait beaucoup . Le prix modique des places dans les salles attirait la foule, on ouvrit de plus en plus de salles et on vendit de plus en plus de films. La concurrence mit aux prises les maisons. Puis les pays. Ces rivalités développèrent le goût de chacun par un besoin de luxe et d’originalité qui les conduisit quelquefois au talent.

Le plus curieux, c’est que ces marques si vivantes et si personnelles des races — cheminant de tous côtés — n’atténuèrent pas l’incompréhension de voisin à voisin. Les intéressées n’ont peut-être pas vu l’intérêt de cet espéranto mimé, ou encore leur sol amour-propre est plus fort que tout. A l’heure actuelle, aucun pays ne sait très bien ce qui se passe chez l’autre: nous ne parlons que cinéma bien entendu.

La France qui a inventé, créé et lancé, est maintenant la plus retardataire. Elle s’est aperçue, il y a trois ans, que l’Italie prenait une espèce de prépondérance: en effet, les firmes italiennes produisirent des bandes monumentales, évocations des empires romains ou byzantins, bientôt suivis des adaptations de tous les romans célèbres de toutes les littératures: de bonnes photographies, une exubérance un peu vulgaire mais communicative, des foules excessives, des acteurs passionnées de leur métier et des femmes très jolies justifièrent l’agitation qui accueillit ces films.

Ils n’ont pas progressé. Mais les Américains ont rapidement attiré nos regards. En possession de deux forces inouïes, l’or et la sagesse, ils exécutèrent de très remarquables travaux d’art où l’observation avait la part dominante. Le romanesque et l’humour en relevèrent la saveur. Enfin, le progrès technique de la photo, de l’éclairage, des décors, des scènarios donna un caractère harmonieux à leur science. Ils formèrent des acteurs spéciaux, voués aux exigences spéciales du cinéma moins déformantes que celles du théâtre. Plusieurs d’entre eux sont célèbres maintenant et auront bientôt autant d’importance, et peut-être plus, que la Duse, Herbert Tree, Zacconi ou Chaliapine.

Le même mouvement s’est produit dans les Pays Scandinaves, quoique moins vigoureux. La guerre nous a privés de presque tous les films nordiques, à cause des films allemands trop nombreux à qui ils servaient provisoirement de parrains…

On nous parle souvent du cinéma russe. On ne nous renseigne pas l’aspect d’un de ses journaux ma l’a fait croire très actif. Mais ne lisant pas le russe, je n’ai pu savoir plus de détails. La question des langues peut compliquer même le cinéma, on le voit. Est-ce la raison du manque de rapports entre la Russie et la France cinématographiques?

Et j’oubliais la France. Elle n’est pas endormie pourtant. Mais elle fut si longtemps assoupie… Si l’un de nous a jamais le courage de restituer en un volume l’histoire des dix premières années du cinéma français, ses lecteurs trouveront de quoi rire.

Mais on ne rit plus. La dernière année a été une année de réveil. La menace magnifique des succès étrangers a galvanisé nos artisans. Le résultat n’est que médiocre: il y a trop à voir, à voir et à prévoir, pour toucher d’un coup au but fixé. Mais à d’innombrables indices, je devine que la France, après avoir été si résolument la dernière, va se trouver la première, le jour où ce sera beau.

Depuis quelques mois, les meilleurs acteurs, les plus lucides auteurs ont regardé le cinéma sans indifférence. Quelques-uns ont compris. D’autres enfin ont vu.

Nous assistons à la naissance d’un art extraordinaire. Le seul art moderne peut-être, avec déjà sa place à part et un jour sa glorie étonnante, car il est en même temps, lui seul, je vous le dis, fils de la mécanique et de l’idéal des hommes. On s’est peu intéressé à ses premiers appels. Mais savez-vous jusqu’à quel paroxysme ce délaisse nous mènera? C’est un art, puisque sur lui on a accumulé toutes les peines, et qu’il se venge dès aujourd’hui par un reflet de beauté.

Louis Delluc
(Filma, Paris, Août 1919)

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