Autore: thea

Archivio del Cinema Muto - Silent Film Archive

Si gira a Milano Il fabbro del convento

Il Fabbro del Convento Milano Films

Milano, 16 luglio 1921

Sotto la vigile e intelligente direzione dell’avv. Nino Valentini-Perugia, che ha assunto la Direzione artistica generale della Milano-Films, nel cui stabilimenti il celebre Deed, contemporaneamente, sta allestendo L’uomo meccanico: fervore di scenografi, di carpentieri, di muratori, di pittori, nel ricostruire ambienti ed edicifii. L’ampio spiazzale su cui sorgono i due magnifici teatri di posa è oggi irriconoscibile, nella sua nuova veste: ecco la facciata della Cour-Dieu, ed ecco accanto a questa, semi nascosta dal fogliame degli alberi, la rozza facciata dell’officina del Fabbro, con le mura inserite dal fumo e scalcinate dal tempo, con le caratteristiche finestre sgangherate e in rovina; ecco un minuscolo angolo della vecchia Parigi, con le sue stridette malconcie, e le insegne sulle porte; ecco la sezione di un teatro, con le sue file di palchi sfolgoranti di addobbi e dorature; ecco un salone ricchissimo. Pare una strana fiera! E a rendere più strana e animata la fiera, ecco una folla varia e variopinta di sanculotti, di gendarmi, di nobili in parrucca e spadino, di dame in guardinfante!

Due operatori girano ininterrottamente; e ininterrottamente tuona la voce rimbombante di Dénizot, il Direttore artistico! E attraverso le stradette della minuscola Parigi, nell’officina del Fabbro, sotto l’arcata principale della Cour-Dieu, nel palazzo principesco, in un palchetto del teatro, dappertutto, mescolato ai sanculotti, sgusciante tra i gendarmi, apparendo di dietro il guardinfante di una dama, l’avv. Nino Valentini, sempre in moto sempre dappertutto, abbronzato dal sole e arrochito dal gridare, vigile sempre, pronto, instancabile! L’avv. Valentini si è assunta una grave responsabilità con l’addossarsi la Direzione artistica generale di questo Fabbro del convento, che vuol essere, e sarà certamente, uno dei grandi lavori della produzione italiana di quest’anno: l’avv. Valentini ha il talento e l’energia necessaria, e anche la preparazione artistica per riuscire! E aspetta a lui, e all’avv. Giulio Riva, amministratore delegato della Milano-Films, il merito di aver messo in lavorazione questo grandioso soggetto, che riporterà la vecchia editrice milanese alle sue belle tradizioni, e offre oggi l’esempio di una salda volontà e di una ferma fede in questo pavido piegar di braccia dei nostri industriali, e più pavido serrar cordoni delle nostre borse.

Le premier Jeanne d’Arc

La maison de Domrémy sur la maquette de Méliès (L'Écran français, 13 Juillet 1948)
La maison de Domrémy sur la maquette de Méliès (L’Écran français, 13 Juillet 1948)

Paris, Juillet 1948

Tout le monde sait ch’Ingrid Bergman ne fait pas un voyage d’affaires. Elle est en pèlerinage. Se documentant (tardivement) sur la vie et l’aventure prodigieuse de Jeanne d’Arc, elle va visiter Domrémy, Orléans, Compiègne et Rouen. Ce voyage qu’elle va entreprendre autour des vielles pierres et l’enthousiasme que montre Ingrid chaque fois qu’elle parle de son film, prouvent assez à quel point ce rôle l’a prise et subjuguée.
Paris, qui lui en voulait un peu d’avoir « grillée » Michèle Morgan et de nous avoir privé d’un grand film français, n’a plus pour cette grande fille simple, aux cheveux encore courts, que de l’admiration. Actuellement, elle était bien dans le monde l’une des deux ou trois actrices susceptibles de tenir le rôle de la Pucelle.
Chaque époque a son Jeanne d’Arc cinématographique. Il y eut celui de Marco de Gastyne, avec Simone Genevoix, il y eut celui de Carl Dreyer, avec la grande Falconetti, il y eut celui de Cecil B. de Mille, avec Géraldine Farrar. Et il y avait eu, dès 1897, celui de Georges Méliès. Chaque époque a aussi ses projects qui s’écroulent: ainsi, en 1937, on parla de ressusciter Jeanne d’Arc. A ce propos, Méliès, alors retiré dans un pavillon du château de la Mutuelle du Cinéma à Orly, écrivit à un de nos amis pour préciser qu’il avait réalisé le premier film en date, sur Jeanne. Cette lettre, qui est inédite, a l’intérêt de faire revivre ce personnage assez extraordinaire du cinéma français, un personnage d’artisan vigoureux, ému et direct. Ces pages sont d’autant plus émouvantes que Mèliès les a écrites peu temps avant sa mort et qu’on ne verra jamais le film dont il parle: il a été détruit.

Lettre de Georges Méliès

Cher Monsieur,

C’est tout à fait amusant, les modernes historiens du cinéma semblent persuadés que « l’Art muet » n’a pris naissance qu’après la guerre et que nous autres, les vieux pionniers qui l’avons créé, nous n’avons jamais existé! Or, pour ma part, j’ai débuté et produit mes premiers films en février 1896 après avoir assisté, fin décembre 1895, à la première séance publique, dite « Séance historique », donnée au Grand Café par Louis Lumière, inventeur de l’appareil dénommé « Cinématographe ». C’est au théâtre Robert Houdin, disparu lors du percement du boulevard Haussmann, et qui était situé au 8, boulevard des Italiens, théâtre que j’ai dirigé pendant trente-six ans, que furent données les premières représentations cinématographiques du monde dans une salle spécialisée, et avec des films uniquement de ma composition. Le théâtre se trouvait exactement au centre du carrefour actuel: Richelieu-Drouot. Vous me demandez s’il est exact que le premier film sur Jeanne d’Arc fut tourné par moi. Oui! Absolument exact, ce film fut tourné dans mon studio de Montreuil, le plus ancien du monde d’ailleurs, en 1897. J’ai encore ici les maquettes originales des décors composés et peints par moi-même pour ce film, et des photos (décors est personnel) des principales scènes. De plus, mon catalogue, encore en ma possession, imprimé en 1904, et un prospectus rédigé en espagnol (pour l’Espagne) également entre mes mains, sont des preuves indiscutables. Ce dernier reproduit tous les tableaux du film , en photogravure.

Le film eut d’ailleurs à l’époque un succès universel, et ce même prospectus fut édité en anglais, en allemand, en italien, pour la clientèle étrangère.

Les rôles du père et de la mère de Jeanne d’Arc furent joués par ma femme et par moi. Au tableau du sacre de Charles VII, dûment maquillé et pourvu d’une superbe barbe blanche et d’une longue chevelure, qui me faisait ressembler à Charlemagne, je fus l’archevêque qui couronnait le roi. Pour ce qui est des interprètes, ils étaient tous, à cette époque, moi tout le premier, complètement anonymes (tout au moins pour le public). Seul le titre de la pièce était projeté.

Mais, puisqu’on a donné les noms des autres Jeanne d’Arc, pourquoi ne donnerais-je pas aujourd’hui celui de la première? Ce fut Mlle Calvière, première danseuse à ce moment au Trianon-Lyrique de Paris, et qui, au théâtre, portait son nom italianisé: Mlle Calviéri. Elle fit d’ailleurs partie de ma troupe pendant dix-neuf ans. C’est un bail!

Au seul tableau de la bataille de Compiègne, nécessitant une Jeanne d’Arc à cheval et couverte de son armure, elle fut remplacée par une écuyère du Cirque d’Hiver dont je reparlerai plus loin. Ah! certes, dans cette première version de la vie de Jeanne d’Arc, il ne s’agissait pas d’une de ces super-productions modernes comportant 2.000 figurants, et une mise en scène en staff ruineuse. Le tout se faisait au studio. Vu le genre de clientèle de ce temps-là, des forains durs à la dépense, nous ne pouvions nous permettre de consacrer un ou plusieurs millions pou un film, et nous n’avions aucun commanditaire! Donc, pas de comparaison possible, sous ce rapport, avec ce qu’on peut faire actuellement avec le financement moderne. Le film avait pourtant, déjà, une certaine importance à côté des bandes courtes en usage, bandes de 20, 40 ou 60 mètres durant une, deux ou trois minutes à la projection. Sans mon catalogue, je ne me souviendrais probablement plus de son métrage, mais j’y vois que la pièce mesurait 275 mètres, qu’elle comportait 12 tableaux et que sa projection durait quinze minutes. C’était une grande pièce!

On m’a dit que la cinémathèque de Berlin en possède encore une copie, ainsi qu’elle possède Cendrillon et Barbe Bleue, mes deux premières pièces à spectacle qui précédèrent Jeanne d’Arc. Voici comment mon film est libellé sur mon catalogue:

JEANNE D’ARC

Film à grande spectacle, en 12 tableaux. Environ 500 personnages superbement costumés (durée environ 15 minutes). Métrage: 275 mètres. Prix, en noir, 610 francs; coloris en plus, 1 fr. 50 par mètre.

TABLEAUX

  1. Le village de Domrémy, lieu de naissance de Jeanne.
  2. La forêt. Les apparitions.
  3. La maison de Jeanne à Domrémy.
  4. La porte de Vaucouleurs.
  5. Le château de Beaudricourt. Superbe intérieur moyen âge.
  6. L’entrée triomphale à Orléans.
  7. Couronnement de Charles VII dans la cathédrale de Reims.
  8. La bataille de Compiègne.
  9. La prison.
  10. L’interrogatoire.
  11. L’exécution, le bûcher, place du Marché à Rouen.
  12. Apothéose. L’âme de Jeanne monte au ciel.

Bien entendu, moi « l’homme aux trucs », ce qui m’avait tenté c’était la partie fantastique: visions, apparitions, la crémation d’une femme vivante! et son ascension, toutes choses assez délicates à réaliser en évitant le ridicule.

Je viens, je crois, de vous fournir une documentation indiscutable. J’ai heureusement conservé quantité de documents sur beaucoup d’autres films datant du début du cinéma jusqu’à 1914. De sorte que, lorsqu’une controverse se produit, il est toujours facile de la trancher, puisque j’ai entre les mains, si j’ose dire, des « Juges de paix » incorruptibles. Les Mahométans disent: « Ce qui est écrit est écrit! » A plus forte raison ce qui est imprimé et daté par l’imprimeur. Preuves évidentes!

Pour terminer gaiement, je reviens à mon écuyère, figurant dans les tableaux nécessitant  Jeanne d’Arc à cheval. Cette dame nous lâcha brusquement, le jour même du siège di Compiègne, et ne vint pas au studio. Toute la figuration était là; impossible de tourner. J’étais furieux; il fallut renvoyer tout le monde… et payer les cachets.

Grosse perte par conséquent. Je file chez l’écuyère qui me répond qu’elle ne pouvait plus venir, qu’elle ne gagnait pas assez pour le mal qu’elle avait pour conduire, à pied, son cheval à Montreuil et le ramener (car elle ne pouvait chevaucher dans les rues de Paris), bref, elle termina en déclarant qu’elle voulait cent francs par cachet.

— Comment! Cent francs! Mais c’est ce que je vous donne! m’écriais-je.

— Pas du tout, répondit-elle: on me donne trente-cinq francs.

— Vraiment! dis-je plein de stupeur. Eh bien! madame, c’est tout simplement le chef de figuration qui vous vole soixante-cinq francs à chaque cachet, car il en touche cent pour vous.

— Ah! le sa…, fut sa seule réponse.

Elle était très distinguée, certes, mais assez mal embouchée. Tout s’arrangea, elle revint terminer le film et je la payai moi-même.

Mais le plus drôle de l’histoire c’est que le chef de figuration, que j’avais immédiatement « balancé » de mon studio, eut l’audace de venir me faire une scène, dans mon magasin, passage de l’Opéra, devant mes employés, me disant que j’agissais malhonnêtement en traitant directement avec une artiste qu’il m’avait amenée! J’étais extrêmement leste et vif. Mon homme était un petit gros, court de pattes. D’un bond je franchis de comptoir derrière lequel je me trouvais, je le secouai par la peau du cou, comme un prunier et, ouvrant la porte de la boutique, de rage, je lui dis: Canaille! c’est vous qui volez les artistes et vous dites que c’est moi qui suis malhonnête! F…-moi le camp en vitesse et n’y revenez plus!

Je ne le revis jamais; mais par la suite je payai toujours moi-même tout le personnel.

G. Méliès
(Le premier Jeanne d’Arc fut tourné en 1897, L’Écran français, Paris 13 Juillet 1948)

En savoir plus: Méliès, carrefour des attractions – Colloque de Cerisy, 25 juillet-1er août 2011; sous la direction de André Gaudreault et Laurent Le Forestier; avec la collaboration de Stéphane Tralongo. Suivi de Correspondance de Georges Méliès, 1904-1937 édition critique établie par Jacques Malthête 

Cinema torinese d’altri tempi

Torino, giugno 1949

Torino pensò un giorno di regalarsi il metrò, ed a tale scopo venne costruita, con la nuova via Roma, una lunga galleria sotterranea che avrebbe dovuto accogliere gli sferraglianti convogli. Poi, come spesso accade, non se ne fece più niente accantonando il progetto per ipotetici tempi migliori, e la Galleria Metropolitana si ridusse ad ospitare varie mostre, da quella meccanica a quella del ciclo e motociclo e, oggi, la Sagra del Cinema.

Sagra, nome festevole per una rassegna che, debole ed incompleta com’è nei padiglioni riguardanti la produzione attuale, affida la sua notorietà ed il suo successo alla sezione retrospettiva. È un melanconico ricordo della Torino d’altri tempi, quella cara a GozzanoCamasio e Oxilia, orgogliosa delle meraviglie che nelle trasparenti baracche della periferia preparavano i vari Ambrosio, Omegna, Pastrone; la Torino culla del cinema italiano dove si davano convegno i più bei nomi della ancor balbettante “settima arte” per creare “la film”, come si diceva allora, che avrebbe conquistato a scatola chiusa i più muniti mercati francesi.

Già c’era il divo: più contegnoso e meno fatuo di quelli che Hollywood doveva poi produrre in serie, ma non meno noto, acclamato e sognato; severi personaggi in bombetta e cilindro perdevano il sogno per gli occhi languidi e pesti e le riluttanti grazie di qualche appassionata attrice, così come l’ingenuo pubblico degli ultimi baracconi e delle prime sale, delirava per una dichiarazione d’amore fatta invariabilmente tra i viali del Valentino o nei corsi della collina, che di volta in volta rappresentavano esotici e sconosciuti paesi. E questi divi si sono cercati, ritrovati, in una serata dedicata a loro. Volti e nomi sconosciuti ai giovanissimi, ormai quasi cancellati dalla memoria anche di coloro che trenta quarant’anni fa li seguivano con una passione mista al timore che la nuova meraviglia ancora incuteva, e non tutti noti neppure a noi che delle serate retrospettive come questa siamo assidui frequentatori.

Hanno rivisto due loro film, in una sala che il più possibile somigliava a quelle di un tempo: la piccola macchina di proiezione azionata dalla gracidante manovella pronta a combinare guai, spesso lacerando la pellicola un po’ secca, mentre un pianino insensibilmente scordato accompagnava la traballante azione. Piccole, lontane figure d’altri tempi, tremule e rigate, sono apparse ancora una volta sullo schermo a suscitare ricordi, rimpianti e malinconie.

Le nozze di Figaro della Società Anonima Ambrosio, Manifattura Cinematografica – Esterni in Siviglia, signori siamo nell’anno 1913! A tanto giungeva lo scrupolo (ancora non era di moda parlare di realismo) dei cineasti, e la dolorosa storia di una donna trepida e romantica, contesa tra due amori, doveva svolgersi, così come comandava il soggetto, nell’assolata Spagna a cui volevano dare più spiccato folclore gli sfruttatissimi viraggi in blu, in verde, in rosso ed in arancione. Delicata protagonista Gigetta Morano, tutta fremiti e sospiri addolciti da una grazia birichina. E poi Nozze d’oro, un film popolarissimo realizzato da Arrigo Frusta nel 1911 con Mary Cleo Tarlarini a protagonista. Fu uno dei grandi successi dell’Ambrosio, premiato con ben venticinque mila lire ed una medaglia d’oro alla Esposizione Internazionale di quell’anno, ed esportato in tuto il mondo. Romantico ed un po’ retorico, il film narra le gloriose gesta dei bersaglieri alla maniera degli scrittori del Risorgimento, e già vengono usati senza parsimonia i commercialissimi ingredienti delle eroiche gesta alternate al trepido amore e concluse dal bacio finale.

Li abbiamo visti commossi i vecchi divi a proiezione ultimata. C’erano tutti quelli che poco tempo prima avevamo applauditi sullo schermo e, tra i più festeggiati, Gigetta Morano. Gentile e sorridente signora, dimentica della sua grande popolarità su cui ama a volte scherzare, fu una delle più grandi interpreti del cinema torinese ed italiano, in quel periodo glorioso che va dal 1910 al 1915. A torto poco considerata da qualche storiografo della “decima musa”, fu una delle attrici più note anche all’estero, creando quel ruolo di diva che dovevano poi ottimamente coprire le varie Bertini, Menichelli ed Almirante Manzini. Quanti cuori sconosciuti hanno battuto per la signora Morano, interprete di una così lunga serie di film il cui ricordo è ormai appassito anche in lei, tanti quanti illanguidirono per Alberto Collo, il Tyrone d’allora, classico rubacuori con cappello floscio e sguardo magnetico, primo idolo di tante ingenue figliole. Non importa che oggi Collo abbia quasi del tutto perduto la sua romantica chioma d’artista e sia un simpatico signore dedito più a commerciare medicinali che a fare perdere la testa alle ragazze, il ricordo delle sue frequenti interpretazioni rimane ancora vivo nei vecchi tifosi del cinema, nelle signorinelle che segretamente lo amarono, e nei giovanotti che gli invidiarono fascino e sguardo.

« Non sono poi passati molti anni da quando io agivo davanti alla macchina da presa o calcavo i maggiori palcoscenici d’operetta », sembra dire Emma Sanfiorenzo con il suo fresco sorriso. Femme fatale tipo prima guerra mondiale, quanti condusse alla perdizione nei molti film che interpretò! E non vi diciamo delle sue meravigliose gambe che, ci assicurano, trascinavano al delirio anche i severi signori della “poltrona scomoda”, gli incontentabili critici che possedevano e possiedono un ben difficile palato in tema di grazia femminile. Altri nomi di glorie dell’arte muta ci sovvengono: Arrigo Amerio per lungo tempo l’idolo di una invidiabile schiera di ammiratori non dimentichi della sua bravura e fedeli nell’ascoltarlo sempre ora che è passato alla R.A.I. di Torino; Carini-Gani, Cassiano, Grandi, Rossi, Stinchi, tutte figure preminenti nella stato maggiore dell’Ambrosio, della Pasquali, dell’Itala, dell’Aquila, della Tiziano, della Gloria, della Photo-Drama, insomma di tutte le vecchie e gloriose case produttrici torinesi. E con loro i soggettisti di grido: Giovanni Drovetti, Arrigo FrustaGiovanni Bertinetti, Ennio Grammatica (autore di ben cinquantasei soggetti tutti realizzati, ed ora passato al giornalismo), ed uno tra i più quotati direttori di “camera”: l’operatore Florio che continua ancor oggi a prestare la sua opera presso la Fert, quando questa è in attività.

Mancavano, e purtroppo per sempre, altri grandi dell’interpretazione, e primo fra tutti il celeberrimo Za-la-Mort, quell’Emilio Ghione che creò uno uno dei personaggi più umani, sentiti e riusciti del suo tempo. Ma c’erano a ricordarcelo le sue fotografie, in quella sezione retrospettiva che come abbiamo già detto è la cosa più seria ed interessante della Sagra. Curata dalla professoressa Prolo, che con intelligenza e passione studia e colleziona i cimeli più preziosi del nostro vecchio cinema, presenta una raccolta di materiale interessantissimo. Accanto alle fotografie dei film e degli attori gloriosi, si allineano gli autografi di un carteggio tra D’Annunzio e Pastrone a proposito di Cabiria (com’è noto il poeta collaborò alla riuscita del film, e le roboanti e retoriche didascalie che lo commentano sono opera sua), una sceneggiatura di Augusto Genina datata del 1912, diversi soggetti originali e sceneggiature della medesima epoca, e alle pareti immensi manifesti pubblicitari a più colori che ricordano i tempi in cui i diritti d’affissione erano irrisori. E poi una lunga fila di macchine da presa e da proiezione, cimeli di quando l’operatore era innanzi tutto « una mano che gira la manovella », come dice Pirandello.

Si sono lasciati con un pò di malinconia i nostri primi cinematografati: malinconia per la giovinezza che avevamo rievocato nel buio tiepido della sala, ma soprattutto malinconia per il cinema. Essi, anche se da anni ormai più non hanno messo piede sul set, lo amano con lo stesso ardore, la medesima passione, di quando l’arte silente li aveva resi famosi. E notano con amarezza come il cinema, pur essendo giunto tecnicamente ad un grado di evoluzione insperato, ha perso, oltreché in arte, in cuore: non è più una magnifica avventura da intraprendersi con il piglio del pioniere, ma una industria di serie che il più delle volte fornisce prodotti sconsolatamente privi dell’ardore della creazione.

Pier Giorgio Amerio
(Hollywood, 2 luglio 1949)