En tournant Le Cirque

Sous la conduite de mon ami Reeves, directeur du Chaplin Studio, j’ai fait le tour de l’établissement où tant de chefs-d’œuvre ont été réalisés. On y respire, à la vérité, une atmosphère inaccoutumée de paix et de tranquillité.

Au milieu du studio se dressait alors une grande tente circulaire.

— Il y a neuf mois qu’elle est là, me dit mon guide; il est vrai que c’est un décor qui ne s’abîme pas, et plus il est vieux, plus il est dans la « note ».

A l’intérieur de la tente, la piste ronde, où le sol était couvert d’une épaisse couche de sciure; les gradins, les banquettes sentaient cette indéfinissable odeur de cirque, unique au monde : effluves de fauves, crottin, poussière… misère.

Dans le fond, non loin d’une petite plateforme où quelques personnes s’agitaient autour de deux appareils de prises de vues, on pouvait voir une de ces grandes cages grillées, montées sur roues, où l’on transporte les fauves; un réflecteur trouait la pénombre de son faisceau lumineux, découvrant à nos yeux un lion, adulte qui somnolait paresseusement.

Le dompteur, capitaine Cay, entrait dans la cage, tandis que Merna Kennedy, qui joue dans le Cirquele principal rôle féminin, s’amusait avec le petit bull-dog Buddy, tout en suçant un citron pour se rafraîchir. Les cheveux d’un roux flamboyant avaient, dans la lumière, des reflets de bronce, et ses yeux maquillés de vert lui donnaient un regard étrange. Henry Bergman, l’éternel et comique compagnon de Charlie, Harry Crocker, son assistant, s’agitaient. Je m’assis…. et c’est alors seulement que je découvris, dans l’ombre d’un camera, une petite silhouette aux cheveux noirs grisonnants, au col jauni de maquillage, au pantalon minable, tombant et couvrant à moitié les souliers éculés et trop grands.

C’était Charles Spencer Chaplin. Par une chance inespérée, il s’apprêtait à jouer une scène. J’aurais aussi bien pu tomber un jour où, ne se sentant pas en forme, l’illustre acteur serait parti pêcher à la ligne, mais les dieux me favorisaient, et j’assistai, ce jour là, à une des plus amusantes scènes de son film, une de celles qui ont trouvé grâce devant les impitoyables ciseaux de leur auteur. Sur les 65.000 mètres de négatif qu’il a tournés, il en a, en effet, supprimé plus de 60.000!

La scène en question était celle où, se promenant dans les coulisses du cirque, Charlot, l’éternel et pitoyable vagabond, finit par se trouver enfermé dans la cage du lion. Ce dernier dort paisiblement dans un coin, et Charlot regarde comment il pourrait s’échapper, quand le fauve est réveillé par un petit bull-dog qui, apercevant son ami, saute contre les barreaux de la cage en aboyant à toute gueule.

La méthode Charlot n’est pas de se presser, aussi je vous laisse à penser ce qu’il a pu inventer d’effets comiques sur ce seul passage; on aurait pu en faire un film complet.

Le plus difficile fut de trouver le moyen de faire sortir le lion de son indifférence. Depuis longtemps, l’odeur humaine ne correspondait plus, pour lui, à l’idée de repas et ne lui faisait plus aucun effet. Il fallut essayer d’autres effluves — ail, oignon, viande, eau de Cologne — pour le tirer de sa torpeur.

Puis on changea le lion de cage, afin de pouvoir répéter en toute sécurité la scène et calculer chaque pas et chaque geste. Charlot se mit même à jouer le rôle du lion, pour expliquer au dompteur ce qu’il voulait de lui. Il s’étirait, bâillait, rugissait, se frottait contre les barreaux de la cage en grognant et montrant les dents; Crocker l’excitait du crochet et du fouet, maïs « Charlot lion », de mauvaise humeur, bondit sur le dompteur improvisé, le mit en fuite.

Puis on remit le fauve dans la cage, afin de tourner réellement la scène.

— Attendez une minute, dit Chaplin, attendez que je me sente drôle.

Il fait quelques pas et se retourne, la figure illuminée d’un large sourire.

On tourne. C’est, pour nous tous, une chose angoissante que de voir le grand acteur à la merci du fauve, et grande est l’impression de soulagement quand, la scène finie, nous le voyons en sécurité hors de la cage.

— L’haleine d’un lion, dit-il, n’est pas particulièrement agréable à sentir.

Mais c’est l’heure du repos, et Charlot, redevenu Charlie Chaplin, m’emmène prendre le thé; nous passons par sa loge, banale et simplement meublée. Bâtons de fard, glaces, vaseline. Sur une planche repose un peu de laine noire montée sur un peigne blanc: ce sont les fameuses moustaches de Charlot. Une petite fenêtre pourvue d’un rideau: c’est par là que Chaplin, qui n’aime pas les entrevues avec des inconnus, observe les acteurs qu’il veut engager, tandis que M. Reeves se promène avec eux de long en large, sous la fenêtre.

— Après tout, dit-il, il n’y a pas de dames ici, un bain de soleil me fera du bien!

En une seconde, le voilà nu jusqu’à la ceinture; il ne garde que son pantalon et ses vieux souliers, et nous passons dans la salle à manger. C’est la pièce la plus intéressante du Studio, car c’est là que le grand acteur étudie ses jeux de scènes et ses scenarii jusque dans les moindres détails. Une petite table est, à cet effet, dressée au milieu de la pièce, et, d’habitude, Charlie marche nerveusement de long en large, tandis qu’un Secrétaire note ce qui lui vient à l’esprit.

Dans un coin se trouve le buste de Chaplin, par Clare Sheridan:

— C’est vraiment très pratique, dit son assistant en riant, quand nous venons de nous disputer avec le patron, nous pouvons venir devant le buste et l’injurier tout à notre aise… Après quoi, nous sommes soulagés.

Notre irruption avait troublé dans son sommeil un vieux chien qui gisait sous la table, gras, vénérable et léthargique.

— Ce fut le héros de Une Vie de chien, m’expliqua Chaplin; je n’en ai jamais eu besoin depuis, mais je le garde tout de même; il est maintenant vieux et neurasthénique et se sauve quand on l’appelle. La nourriture est sa seule joie, et, sans doute, pour que nous le trouvions là, avait-il flairé par ici quelque chose à se mettre sous la dent.

A peine étions-nous assis que la conversation dériva sur le théâtre:

— Le théâtre moderne est en pleine déchéance, dit Chaplin. A New-York, ce sont maintenant les directeurs de théâtre qui indiquent aux auteurs comment ils doivent écrire leur pièce. Ils leur disent: « Cher ami, il faut changer ça de telle façon; nous connaissons notre public et ses goûts; si vous ne relevez pas votre deuxième acte de la manière que je vous indique, ce-sera un four noir. Ne vous faites pas de bile, vous avez mis deux ans à écrire votre pièce, mais en cinq minutes je vais vous arranger ça. » Et je ne crois pas qu’ailleurs la situation soit bien meilleure. Il y a vingt ans, il y avait, sans aucun doute, de grands acteurs, mais, hélas! le théâtre moderne s’en va à vau-l’eau.

— C’est exactement la même chose dans notre partie, lui répondit Crocker, mais vous avez la chance d’être indépendant.

— Dieu merci, repartit Chaplin, je n’ai à demander l’avis de personne. Il y a peut-être des gens beaucoup plus forts que moi; ils connaissent, sans doute, le cinéma beaucoup mieux que moi au point de vue commercial, mais je ne pourrais faire un film avec les idées d’un autre.

« Je suis très heureux comme je suis et ne voudrais, pour rien au monde, jouer de nouveau au théâtre. J’ai toujours eu le trac; la présence de ia foule m’a toujours produit une impression pénible, et, depuis que je fais du film, je m’en suis tout à fait déshabitué. Mais, peut-être, un jour, aurai-je la faiblesse d’écrire une pièce; je crois que j’y prendrais plaisir. »

— Referez-vous jamais un film du genre de l’Opinion publique? lui demandai-je.

— Il se peut, me répondit-il; le jour où j’aurai une idée, je le ferai certainement. Pour l’instant, mon prochain film sera le Suicide Club. Peut-être le ferai-je à Londres, si je peux y trouver un bon studio; je dois aller en Angleterre, de toutes façons, pour la présentation du Cirque ; je tâcherai d’en profiter pour m’organiser.

Et, ce disant, Charlot releva ses larges pantalons pour enlever les guêtres de cuir épais qui devaient le protéger contre les morsures éventuelles du lion et qui le gênaient.

L’Estrange Faucett
(Ciné-Miroir, Paris 2 Mars 1928)

(testo archivio in penombra)

La storia di una donna 1920

Pina Menichelli La storia di una donna 1920
La storia di una donna (Rinascimento Film 1920)

Corso Cinema, Roma, Marzo 1920

Una notte in uno ospedale della città arriva di corsa una vettura in cui c’è una donna (Pina Menichelli) moribonda, per una ferita d’arma da fuoco al petto. Un’anziana signora l’accompagna. Mentre l’agente di servizio interroga l’anziana signora, un infermiere raccoglie un libretto d’appunti caduto alla donna ferita e comincia a leggere. Quel libretto contiene la storia di una donna: di quella donna.

La storia è semplice. Mandata via a diciotto anni dal collegio perché i suoi parenti morirono senza provvedere al pagamento della retta, essa s’impiega come damigella di compagnia presso una severa contessa. Questa contessa ha un figlio di cui l’inesperta Pina diventa l’amante. La contessa li sorprende e scaccia la damigella che se ne va nel cuore della notte. Non sapendo dove andare si ferma su un sedile d’un viale alberato. Due guardie la scambiano per una vagabonda, e mentre stanno per invitarla a seguirli, un signore (Livio Pavanelli) in cui si indovina il viveur, passa. Attratto dalla singolarità della donna la salva: dichiara alle guardie che essa è con lui. E se la trascina.

Pina va. È trattata bene. Vede che il viveur ha due compagni, anche loro cortesi. Nessuno dei tre le chiede nulla con violenza. Essa s’adatta a poco a poco al loro genere di vita. I tre sono dei biscazzieri. Essa li aiuta a barare al giuoco e a spennare i merli, e la vita trascorre tranquillamente.

Il frutto del peccato con Gastone, il figlio della contessa, viene alla luce. È una bambina, che a cura dei soci è mandata da una nutrice.

Un giorno Pina incontra il suo primo amante. Ha un fremito d’odio, e sente un acuto desiderio di vendetta. Chiede aiuto ai suoi soci, e costoro si mettono a sua disposizione organizzando una persecuzione a Gastone. Essa diventa la sua ombra. Due dei soci si fingono amici del giovane seduttore, che nel frattempo si è ammogliato, e gli dicono un giorno, ridendo e scherzando, che quella donna si dice sia stata sedotta da un mascalzone di nobile, e che ha avuta una figlia… E allora Gastone vuol sapere: diventa lui l’ombra di Pina che adesso invece lo sfugge. A furia di pregarla riesce ad avere da lei un appuntamento… Ora, via, piano e numero sono immediatamente comunicati dai complici alla moglie di Gastone con una lettera anonima, e appena Gastone è entrato sua moglie viene a sorprenderlo.

Pina gli fa notare sorridendo che è la seconda volta che sono sorpresi… Ma il giovane ha perduto la testa: Segue la sua antica amante come un cane, trascura la famiglia, gioca, perde, si rovina. Una sera egli grida alla donna: Ma cosa vuoi da me? Essa ne ha pietà, lo spinge fuori dalla bisca e il giorno dopo gli scrive dicendogli che gli perdona, che i suoi amici sono gente equivoca, che partirà.

Ma i soci complici non intendono che la cosa finisca così banalmente. Essi la sorprendono mentre scrive quella lettera, la sorvegliano, e adoperano la sua bambina per ricattarla.

La moglie e la mamma di Gastone pregano un ministro loro amico di richiamare il rispettivo sposo e figlio in servizio, per distrarlo. Gastone non può rifiutarsi all’invito ministeriale. Sua Eccellenza gli affida un importante carteggio relativo a certe miniere.

I soci vogliono avere quei documenti, e quindi pregano Pina di attirare Gastone in un tranello, per potergli togliere le carte. (Qui la faccenda comincia a complicarsi). Pina acconsente perché si tratta di salvare la sua bambina, ma vuol salvare anche Gastone. Va all’appuntamento, e quando Gastone arriva gli dice: Salvati! Gastone si salva. Essa, che aveva rinchiusi i complici, tira il catenaccio e li fa uscire. Costoro vogliono vendicarsi sulla bambina. Ma Pina prende la sua rivoltella e spara. Livio Pavanelli, sul quale essa spara non è colpito, si butta a terra per ripararsi da un secondo colpo e (qui la faccenda si complica ancora di più) si ripara dietro un vaso di creta sul quale Pina inutilmente spara. La raggiunge, le salta addosso e la costringe a spararsi sul petto. Quindi fugge. L’anziana signora, che è la padrona della casa ove è avvenuto il delitto, la porta all’ospedale, dove Pina, naturalmente, muore.

Questo è un buon film, per i seguenti motivi:

  1. C’è un soggetto che è buono, sebbene ricco d’inverosimiglianze.
  2. Il soggetto è benissimo sceneggiato.
  3. La messa in scena è buona: salvo qualche punto, come il salone della contessa, il quale non diciamo sia un orrore, ma non s’è incontrato col nostro gusto.
  4. C’è un complesso di attori, oltre la Menichelli, che — specie il Pavanelli — hanno recitato benissimo.
  5. C’è una buona fotografia, ed anche una buona stampa.

Il film ha secondo noi pochi difetti secondari ed un terribile difetto principale: L’interpretazione di Pina Menichelli.

La diva è molto migliorata in quanto a divismo: certo è meno insopportabile di quanto è in quel Padrone che è stato detto La padrona delle Ferriere. Ha due o tre momenti in cui sembra davvero una donna e non una artista cinematografica. Tutto il resto è una serie di contorcimenti colvulsionari per non venire di profilo sullo schermo.

La bruttezza del profilo è una fissazione che afflige la signorina Menichelli. Noi saremmo felici di spere chi le ha detto che di profilo è tanto brutta. Certo la signorina Menichelli non può essere paragonata precisamente alla Venere di Milo o di Capua, ma non è certo una donna tale da essere obbligata a ricorrere a tanti artifici per recitare… Tanto più che la recitazione è un’arte che raggiunge la perfezione appunto quando ha raggiunta la naturalezza.

La signorina Menichelli può esser detta invece la più artificiosa attrice italiana di cinematografo.

Siccome il teatro non può esser visto che di fronte, e siccome per teatro non s’intende certo la visione di un solo personaggio, ma lo svolgersi di un’azione, è evidente, che quando due personaggi sono in scena debbono esser collocati in modo che il pubblico possa vederli entrambi e quindi il più delle volte gli attori risultano di profilo. La signorina Menichelli ci fa invece esistere a dei colloqui in cui essa volge costantemente la schiena al suo interlocutore, che non può starle davanti che altrimenti il pubblico non vedrebbe niente, e non può starle di fianco perché altrimenti la Menichellissima dovrebbe, per rispondergli, apparire di profilo.

Quando poi non può fare a meno di voltarsi, Pina Menichelli si volta con tale una furia e così completamente che il pubblico, che è stato fino a un secondo prima ossessionato dalla perenne luna piena del volto Menichelliano passa immediatamente in luna nuova senza la logica successione dell’ultimo quarto… Ciò che stanca gli occhi e dà l’idea di trovarsi di fronte a una donna serpe, affetta da istero-epilessia.

Menichelli a parte La Storia di una donna è una bella pellicola, e con La contessa Sara forma la coppia dei migliori lavori dell’U.C.I.

(immagine e testo archivio in penombra)

Un nouveau film de Miss Loïe Fuller

Chimères Loïe Fuller 1925

Paris, 30 Janvier 1925

Dans son numéro du 2 janvier, Mon Film passait en revue, par spécialité, les films de l’année, accordant une attention particulière à ceux ou la recherche technique formant le point capital. Parmi ces derniers, il nous est impossible de passer sous silence les films de Miss Loïe Fuller.

Toute la sensibilité et le talent très particuliers de cette artiste se condensent dans son travail. Elle est à la fois idéaliste et réalisatrice. Pour vous en donner un exemple, à l’âge de douze ans, à Chicago, elle loua de sa propre autorité, une salle de conférences où elle parla de la lutte contre l’alcoolisme. Quelques années plus tard, seule dans sa chambre, elle voulut imiter les papillons qui folâtraient dans son jardin. Retirant aussitôt les draps de son lit, elle se mit devant une glace, et, se modelant sur eux, réussit de jolis effets. De là à associer à ces mouvements gracieux des projections lumineuses multicolores, il n’y avait qu’un pas, et ce pas fut le point de départ de sa merveilleuse carrière chorégraphique.

On conçoit qu’avec un tel passé elle puisse avoir des conceptions cinégraphiques vraiment originales. Elle a coutume de dire: « Avec de la couleur et de la lumière, on peut toujours faire quelque chose de très beau ». Si, à l’écran, la couleur lui manque encore, du moins y manie-t-elle la lumière avec un art consommé. Le scénario, toujours très simple, joue un rôle secondaire: il n’est qu’un motif pour développer des féeries dignes des Mille et une Nuits. Ceci est composé avec une conception si personnelle de l’art cinématographique, qu’il oblige ce dernier à utiliser la quintessence de ce qu’il peut donner jusqu’à l’extrême limite des derniers perfectionnements des appareils de prise de vues actuels.

Vous souvenez-vous du film intéressant: le Lys de la Vie? dont le scénario était de S. M. la Reine Marie de Roumanie. La mise en scène magistrale avait été réglée par Miss Loïe Fuller, qui est, entre parenthèses, une grande amie de la Reine. Nous aurons sous peu le plaisir de voir sa nouvelle production qui a pour titre Chimères, et dont le livret est dû à la plume de Maria Star. Trois personnages, et l’école de danse de Miss Loïe Fuller servent de thème aux merveilleux décors naturels de Cap Martin. Mlle Damia, la grande étoile de la chanson réaliste y a fait ses seconds débuts au ciné et y tient le premier rôle de main de maître. Elle a crée une figure inoubliable de vielle paysanne méridionale tout à fait réussi. Un véritable berger et un enfant évoluent à ses côtés très naturellement. Quant au corps de ballet, c’est lui surtout qui travaille le plus. Rondes, sauts, entrechats, jetés et battements, tout y passe.

L’emploi très abondant du négatif contretypé alternant, parfois par périodes rapides, avec le positif, y jette une note étrange. La danse des sorcières, notamment, transposition à l’écran du celebre ballet: Les Ombres Gigantesques, qui se donnait encore dernièrement à l’Empire, est certainement la partie la plus curieuse. En effet, à l’inverse de la réalisation théâtrale, le fond est noir et les ombres sont blanches, la bande étant en contre-type, enfin les scènes sont tournées à des cadences extrêmement différentes, passant sans transition, au milieu d’une scène, de ralenti à l’accéléré le plus rapide. Des difficultés sans nombre se présentèrent au cours de cette réalisation, mais elles furent habilement surmontées par le jeune et excellent opérateur L. Bogé.

Les extérieurs, tournés dans des sites grandioses, des sous-bois charmants, caractérisent la variété de formes due au génie artistique de Miss Loïe Fuller qui a trouvé dans le cinéma une occasion de plus d’utiliser son activité intelligente qu’un demi-siècle de théâtre à travers le monde n’avait pu amoindrir.

M. B. d’Hautefeuille

(testo e immagine archivio in penombra)