Douglas Fairbanks et Mary Pickford à Paris, mai 1924


Douglas Fairbanks et Mary Pickford à leur sortie de Ciné-Miroir

Douglas Fairbanks et Mary Pickford à leur sortie de Ciné-Miroir

L’inimitable “Doug” et Mary Pickford, “La Bien-Aimée du monde” pendant leur séjour à Paris ont rendu visite a “Ciné-Miroir”

Nous avons eu le grand honneur de recevoir Douglas Fairbanks et Mary Pickford. Ce fut une réunion sans tapage, sans réclame, comme c’est l’habitude dans notre maison; une fête tout a fait intime, mais que nous devons raconter à nos lecteurs, puisque ce sont eux qui font le succès de Ciné-Miroir et accroissent, chaque jour, son influence : les amis de nos amis sont nos amis. Déjà, à l’arrivée à Cherbourg de Doug et de la délicieuse Mary, la bien-aimée du monde, nous avions envoyé l’un de nos collaborateurs, M. Bourdet, pour les saluer en notre nom. Un collaborateur… un ambassadeur devrait-on dire, puisqu’il s’agissait d’une majesté : Sa Majesté Douglas… Et, après avoir vu bien des rois dans nos randonnées à travers l’Europe, nous pouvons assurer qu’il en est peu qui méritent a ce point l’admiration populaire. Ce qui retient, captive, conquiert, en effet, dans un couple humain, c’est moins l’éclat de sa renommée ou l’éblouissement de sa fortune que la bonté, la simplicité qu’il dégage. A ce point de vue, le couple Douglas Fairbanks-Mary Pìckford donne un spectacle absolument exquis.

Lorsque, dans le cabinet de notre directeur, en ce soir du 9 mai, ils parurent, accompagnés de M. Smith, le très remarquable représentant a Paris de la firme United Artists, il y eut non pas des applaudissements, mais un silence que chacun laissa couler, car chacun était déjà sous le charme. Ces deux grands acteurs ne faisaient point une entrée de théâtre, ils venaient vers nous camme s’ils étaient seuls dans l’allée d’un jardin. Mary, plus petile, délicieuse de féminité, légèrement appuyée sur son mari, confiante, enchaînée au même destin… Mais c’est à l’intérieur d’une pièce qu’il faut voir Douglas Fairbanks : sous l’impeccable jaquette et malgré l’embarras de son haut de forme, il reste l’athlète toujours prêt à mesurer sa force, à manœuvrer ses muscles. Dans un appartement, il se sent visiblement enfermé : sauvage et résigné tout ensemble, il fixe de ses yeux gris foncés les murs, les fenêtres, comme s’il cherchait une ouverture par où s’échapper. Ce qui frappe en lui, c’est un corps et un esprit s’entraînant sans arrêt, perpétuellement tendus vers l’effort, vers l’œuvre à réaliser. Nos hôtes, nous l’avons dit, furent reçus dans l’intimité. Douglas, qui comprend le français, laisse à Mary Pìckford le soin de s’exprimer dans notre langue, ce dont elle s’acquitte avec une ìnfinie bonne grâce.

Jean Vignaud (Ciné-Miroir n. 51, 1 juin 1924)

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Archivio del Cinema Muto - Silent Film Archive
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