Jean Grémillon mars 1928

Jean Grémillon
Jean Grémillon

Jean Grémillon ne doit pas connaître le péché de médisance, car il est peu bavard. Est-ce amour de l’Art muet, prudence ou indifférence ?

­— Peut-être vais-je trop loin; Grémillon parle peu, mais il n’ignore pas l’ironie.

(On prétend que le grand amour est silencieux — je ne sais rien de la vie privée de M. Grémillon. En saurais-je quelque chose que je n’en pourrais rien dire…)

Quoi qu’il en soit, toutes les paroles que prononce M. Grémillon ne sont pas tendres.

Ne me disait-il point:

— Ce qui m’intéresse le plus dans l’effort cinégraphique contemporain, c’est son caractère éphémère. Avec le temps, la pellicule meurt. Ainsi, beaucoup d’erreurs rentrent-elles dans un oubli définitif…

— Comment êtes-vous venu au Cinema ?

— Le hasard m’y a amené en 1923. Mon premier film fut un documentaire sur la ville de Chartres. Depuis cette époque, d’autres hasards m’ont servi. Grâce a eux, j’ai pu apprendre, peu a peu, mon métier. Je viens de réaliser Maldone, qui est mon premier film d’inspiration dramatique.

— Pourriez-vous préciser la conception du Cinéma a laquelle vous êtes attaché, et m’indiquer ce que signifie selon vous l’expression : « Essence du Cinéma ».

— Je ne puis et ne voudrais le faire. En effet, je ne crois pas que personne soit actuellement en mesure de définir le contenu du mot Cinéma. Par ailleurs, je me défie des théories et plus encore des théoriciens.

— Sans doute, cette précaution est-elle concevable, devant l’invasion de toute une littérature cinégraphique qui n’est qu’un prétexte a jolies phrases. Mais je crains que vous n’établissiez une confusion entre l’écrivain qui n’est qu’un littérateur inutile, et l’esthéticien qui est un philosophe utile a la cause du Cinéma…

— Tout ce que je puis dire en matière d’esthétique cinégraphique, se borne a ceci: je crois qu’il n’y a dans tous les films contemporains aucun réel souci de construction — ce n’est pas de construction thématique que je veux parler — mais de cette « construction intérieure », de ce dynamisme du film, d’où naît l’impression d’une œuvre complète.

— Pour en terminer avec les questions d’ordre esthétique, je vous dirai aussi l’antipathie que j’éprouve, vis-a-vis des rapprochements que l’on a tenté de faire entre le cinéma et les autres arts. La comparaison la plus dangereuse a été établie entre le Cinéma et la Musique. On a parlé de Musique visuelle, de contrepoint visuel. Ces expressions sont pour moi privées de toute signification. Elles relèvent du jeu pervers des esthéticiens et il faut bien les leur laisser, puisque cela leur fait plaisir.

— Cette hostilité que vous manifestez vis-a-vis de l’esthétique, n’est sans doute qu’un cas fréquent. A savoir, l’hostilité de l’esprit créateur envers l’esprit critique…

Jean Grémillon sourit. Il est difficile de lire dans le regard de ces yeux clairs, dont la pupille seule est dense, et semble ne refléter qu’une indifférence polie a l’endroit des manifestations de l’agitation humaine. Cependant, voici qu’il s’anime. Aurais-je découvert le point faible du plus calme des hommes ?

— Que pensez-vous de l’état actuel du cinéma français.

— Il est très mauvais. A part un ou deux esprits clairvoyants, l’ensemble des cinéastes français ne s’attache qu’à l’étude de questions sans importance. De nombreux problèmes d’ordre économique et social se sont posés. Les conditions et l’organisation actuelle de l’exploitation sont déplorables et exigent un prompt renouvellement. On a fini par s’en apercevoir tout récemment, et l’on va tenter d’instaurer un nouveau régime, a la place du régime actuel agonisant. D’où le contingentement. Mon scepticisme reste assez grand a l’écart de toutes ces petites mesures; de tous ces remèdes de bonne femme… A dire le vrai, je crois que seule une action politique très énergique serait susceptible en créant un nouvel ordre social, de fournir aussi au cinéma un statut nouveau. Tant de modifications sont nécessaires qu’elles ne pourraient se produire que par un coup de force.

— Unissez-vous la cause du cinéma a celle d’un parti politique, et croyez-vous que pour le sauver, une opération chirurgicale aussi grave qu’une révolution, soit nécessaire?

— Je n’ai point dit cela, d’une manière aussi catégorique. Et ne m’interrogez pas sur des problèmes strictement politiques ! Le métier de cinéaste est déjà suffisamment compliqué.

— Je n’ai plus désormais, qu’à me rendre chez un historien pour lui poser ces questions indiscrètes auxquelles vous refusez de répondre, et qui le rempliront de joie…

Et puisque de coutume, vous n’êtes point bavard, il ne me reste, M. Grémillon qu’à vous remercier d’avoir dérogé quelque peu, en ma faveur, a cette règle si sage…..

François Mazeline (cinéa-ciné, 15 mars 1928)

Does the Photoplay Patron Prefer Comedy or Serious Subjects?

New York February 1912. There seems to be a considerable conflict of opinion among the potent figures of the film industry as to the preference the patrons of Photoplay theater have for comedy, the majority stating that there are not enough laughter-provoking pictures.

To discuss this all’important phase of the Moving Picture, one must naturally turn to the stage for data, in order that such a problem may be fairly solved, and there is nothing to indicate that the playgoers of modern times have been attracted to the playhouse thru comedy offerings as they are to see and hear plays and players, and songs and singers, of a more serious character. Moreover, all the great records achieved in the amusement field indicate a trend of public taste for the dramatic rather than for plays of a farcical order.

“Ben-Hur” has been before the public for twelve years; it has made a million for the producers, and there is almost a total lack of comedy in the portrayal of his epochal play. The most potent plays at the present time are nearly serious: “The Return of Baron de Grimm”; “Mme. X”; “The Littlest Rebel”; “The Music Master”; “The Garden of Allah” and “The Price” have attracted solely for tear-making qualities.

Closer to Moving Picture requirements, a study of vaudeville records shows that the most enduring playlets were such offerings as “The Littlest Girl”; “A Man of Honor”; “A Romance of the Underworld”; “Frederic Lemaître” (in which Henry Miller enthralled vaudeville audiences), and only a few days ago Blanche Walsh held an audience spellbound in a one-act play that had not even a smile in it.

“The Woman,” a Belasco success, draws large audiences without a star, because of the one compelling serious scene. “A Fool There Was” is considered the best “repeater” of modern plays, while Mrs. Leslie Carter has once more held her enormous clientele steadfast with “Two Women,” a play without a single comedy line.

Shakespeare’s tragedies always draw; his comedies are rarely given.

Comic opera has always spelled bankruptcy for the managers who would tempt fate with them, while grand opera al the Metropolitan Opera House draws an average of $70,000 a week, at $6 a chair.

No comic song ever had the vogue of such plaintive ballads as “Tha Last Rose of Summer,” “Home, Sweet Home” and “After the Ball,” all tear-compelling.

Even pantomime had its greatest vogue  with “Un Enfant Prodigue,” a veritable tragic poem without words.

No one will deny that the vogue of the silent drama is what it is, greatly, because such worthy film producers as the Vitagraph, Kalem, Biograph, Edison and others have realized that to  cater to the patronage most desired, they must emulate the methods of the highest grade  od producers of the stage, and they also are aware of the fact that the technique and philosophy of the silent drama is such that they are enabled to score even greater triumphs than the Frohmans and the Klaw and Erlangers, for the stage has its limitations, whereas the Motion Picture play is greatly enhanced by the verity and realism of nature’s own vast resources!

Robert Grau

Un’avventura di Romolo Bacchini alla Vesuvio Films

Famiglie del 11° Bersaglieri davanti alla macchina da presa
Famiglie del 11° Bersaglieri davanti alla macchina da presa (1911)

Come avevo annunziato, ecco a voi un’avventura cinematografica di Romolo Bacchini, direttore artistico della Vesuvio Films di Napoli.

Correva l’anno 1912 e le vicende della guerra Italo-Turca occupavano molto spazio sui giornali e molti metri di pellicola. Tutte, o quasi tutte le case di produzione italiane e straniere avevano inviato i loro operatori in Libia. Gli spettatori delle sale italiane seguivano con molta attenzione i Cinegiornali della Gaumont, della Pathé e, naturalmente, i “dal vero” proposti dalle case italiane. Fu allora che alla Cines venne in mente l’idea di cinematografare le famiglie dei soldati sul fronte:

«Per mezzo della Cines di Roma, come avevamo preannunziato nel numero scorso, vennero cinematografate, qui a Torino, le famiglie dei militari che si trovano sul teatro di guerra in Tripolitania e Cirenaica.

A tale scopo, nella vasta caserma della Cernaia vennero raggruppate, il giorno 6 corr., circa 3000 persone, le quali, a gruppi ed isolate, si presentarono davanti agli obbiettivi della macchine da posa, perchè le loro sembianze ed i loro gesti di saluto e di incoraggiamento possano fra poco essere proiettati ai loro cari, nella nuova terra italiana conquistata col loro eroismo.

Brava la Cines: cogli elogi delle autorità si abbia anche i nostri per questa nobile iniziativa che ha incontrato il plauso di tutta Italia».

Altro che film a episodi: 3000 persone davanti alla macchina da presa! Un vero colossal. Ignoro che fine ha fatto questo “film”, sperduto nel buio come molti altri. Un vero peccato.

Come in ogni guerra, insieme alle “buone notizie”, dal fronte di guerra arrivavano periodicamente le notizie sulle vittime, ma in queste occasioni, le macchine da presa erano altrove… ordini… superiori?

Una di queste notizie fu la morte del napoletano Mario Fanelli, tenente del 11° bersaglieri. Qualche settimana dopo, la rivista Cinema, edita a Napoli, pubblicava una lettera:

Signor direttore,

Possediamo noi un film, fatto in occasione di una festa del glorioso 11° Bersaglieri, nel quale spicca la figura del compianto tenente Fanelli. Sicuri che alla sua Famiglia riuscirà gradito rivederlo ancora come se fosse vivente e in un giorno per lui di militare allegrezza, abbiamo, con paziente lavoro, distaccato e riprodotto in un film parziale tutti i fotogrammi nei quali l’eroico Tenente aveva azione, e questo abbiamo inviato in omaggio alla sua famiglia.

Le saremmo grati se ella, nel modo e nella forma che crederà opportuno, vorrà dire tale cosa nella sua diffusa Rivista, non già perchè desiderosi di pubblicità, ma perchè sia nota, che ancor noi vivamente partecipiamo – così come ci è possibile – all’unanime sentimento di fratellanza e di ammirazione, che ora unisce tutti gl’italiani con i prodi combattenti d’Africa.

Il Direttore
Romolo Bacchini

Una nobile iniziativa, niente da dire. Se volete vi racconto il seguito… ed il seguito fu: l’avesse mai fatto! I concessionari delle case di produzione, sopratutto la Pathé, furono sommersi dalle richieste di famiglie che affermavano aver riconosciuto un suo parente e chiedevano una copia “personalizzata” come ricordo. Non ho la minima idea se le richieste furono soddisfatte… avete provato a cercare fra i ricordi del bisnonno?