Ida Rubinstein a Torino

Ida Rubinstein, La Nave (1921)
Ida Rubinstein, La Nave (1921)

Magnifici cartelli quelli della Nave! Torino ne era tutta tappezzata e i due colori dominanti, il giallo e il rosso, colpivano e attraevano l’attenzione dell’intera città. Della Nave si faceva un gran parlare considerandone il varo del film come un avvenimento artistico di primo ordine. In caratteri neri spiccava la dicitura e sottolineato da una grande striscia di nero opaco, appariva il nome del regista: Gabriellino D’Annunzio (e quello di Mario Roncoroni n.d.c.), ragazzo che pur non avendo neanche lontanamente la potenza d’ingegno del padre, non mancava di buon gusto e nella Fedra in cui aveva sostenuta la parte di Ippolito aveva avuto qualche momento ottimo.

Ida Rubinstein nella parte di Basiliola, a non smentire la sua speciale adorazione per D’Annunzio che le aveva affidato il San Sebastiano di cui si era occupata tutta la critica parigina, aveva superato se stessa. Artista nel vero senso della parola, piena di raffinatezza, danzatrice classica e fornita di solida cultura, aveva creata una Basiliola viva e fremente. Ricordo che per suggestionarsi, per spronare la sua anima verso le vette più sublimi dell’arte, per eccitarsi, gridava quasi scandendolo in quel suo francese un po’ esotico il nome del poeta. Peccato che il cinema muto non gli permettesse di fare udire la sua voce vibrante e sonora, piena di inflessioni speciali. Grande nella sua arte, semplice e buona nella vita. Quando giunse inaspettata non volle a nessun costo che le altre attrici come la Linda Pini e la Roasio le cedessero il loro camerino e attese che gliene fosse preparato uno. Aveva un sorriso mite in cui si rivelava la bontà dell’anima e una gentilezza pari alla modestia per quanto portasse ai piedi, durante le prove, gemme di tale valore che occorreva metterle a lato delle guardie in borghese. Conversava con tutti in quel suo francese che sapeva di russo e aveva una simpatia infinita per Torino. Quasi ogni sera si recava in compagnia di qualche soggettista e di qualche artista, insieme a Gabriellino al Ristorante San Giorgio (San Giors già Ponte Dora n.d.c.) e nessuno, vedendola vestita con sobria eleganza e con qualche gioiello di rara fattura alla scollatura avrebbe sospettato di trovarsi di fronte all’illustre interprete della Pisanella, all’ispiratrice di D’Annunzio. Aveva una predilezione per il Valentino e sopratutto per quell’angolo del castello medioevale e per rive sottostanti ove la notte acquista una strana malia. Ne parlava sempre e con che entusiasmo! Riceveva molti ammiratori, accordava senza farsi pregare, interviste interessanti e un giorno ebbe la gradita sorpresa di veder comparire mentre si girava una fra le sue più grandi ammiratrici e amiche, la baronessa Orczy, la famosa autrice della Primula rossa. Era felice, e finita la prova rimase con lei l’intera giornata.

La Nave, pur non avendo la potenza e la suggestività di Cabiria, che era stata concepita e scritta per il cinema dal D’Annunzio, fece onore alla Casa Ambrosio e destò un grande interesse quatunque gli incassi non fossero tali da coprire le spese e guadagnarci.

Giovanni Dovretti
(Cine, Torino settembre 1945) 

Louis Feuillade

Louis Feuillade
Louis Feuillade (Lunel, 19 février 1873 – Nice, 26 février 1925)

Studios Gaumont, août 1921. L’auto franchit le portail et va s’arrêter quelques mètres plus loin devant une maison blanche. Les huit coups que l’horloge du clocher égrène lentement, dans l’air matinal, prouvent que le patron n’est pas en retard. Là-bas, dans le studio, une inquiétude fiévreuse règne. Le patron après avoir pris son volumineux courrier vient sur le « plateau ». D’un coup d’œil a tout examiné et son visage témoigne la satisfaction qu’il a de se sentir si bien compris et secondé. On répète, une fois, deux fois, trois fois. Louis Feuillade est partout à la fois, il joue tous les rôles, indique au besoin un geste ou une attitude, il montre le champ aux opérateurs qui font le point; un autre opérateur est toujours prêt à prendre les premiers plans et les grosses projections. Phœbus se montre clément, tout se passe pour le mieux. Je profite d’un changement et de quelques minutes de repos que prennent les artistes pour interroger Louis Feuillade sur sa carrière. Il y a vraiment du travail pour tirer « les vers du nez » à ce diable
d’homme; il est d’une modestie terrible et il n’aime pas la publicité. J’obtiens tout de même tous mes renseignements.

Louis Feuillade est un des pionniers du Cinéma Franqais et il est venu au Cinéma en 1906, chez Gaumont, maison qu’il n’a plus quittée depuis.

Après avoir débuté par des séries de petites bandes ultra-comiques d’un court métrage, Louis Feuillade tourna Le Festin de Balthazar et de nombreux films dramatiques qui eurent de retentissants succès à cette époque.

Plus tard, ce fut là série de films dans lesque!s se trouvait tout ce que les Américains ont pris depuis pour servir de bases solides à leur production; je veux parler de la série des films de la Vie telle qu’elle est, comprenant La Tare, Les Vipères, S’affranchir et autres drames très puissants qui attirent les foules.

Avant la guerre, Louis Feuillade tourna encore de nombreuses bandes telles que Union Sacrée, Fifi Tambour, L’Angoisse au Foyer, Deux Françaises, Fantômas avec René Navarre, Noces d’Argent et une série de 5 excellents films en Espagne dont j’aurai l’occasion de reparler dans mon prochain article sur Fernand Herrmann.

Mobilisé au début de la guerre, Louis Feuillade partit simplement, comme toujours, faire son devoir. Il profita cependant d’une permission pour créer Les Vampires, le premier roman cinéma français qui fut accueilli avec joie, par le public, pendant ces tristes heures de guerre… Démobilisé, le metteur en scène réalisa encore Herr Doktor, Le Bandeau sur les Yeux, L’Autre, Le Passé de Monique, puis la série de films comiques avec Cocantin Levesque dont on n’avait pas oublié l’hilarante silhouette de croquemort, Mazamette dans les Vampires.

Enfin, Louis Feuillade tourna ses superproductions que le monde entier applaudit à tout rompre. Nous admirâmes Judex et La Nouvelle Mission de Judex, Tih Minh, L’Homme sans Visage, Le Nocturne, L’Engrenage, Vendémiaire, Barrabas, et ces magnifiques Deux Gamines, le plus gros succès des romans cinémas de la dernière saison.

Louis Feuillade vient de terminer L’Orpheline, film auquel nous réservons un article spécial, et il va immédiatement se remettre à la tâche, la seule chose que l’en puisse dire à propos du nouveau film, c’est qu’il sera interprété par la même troupe d’artistes et que l’action se déroulera principalement au Portugal.

Les Cinés-Romans de Louis Feuillade constitueront maintenant l’apologie de la Famille et du Foyer. Vous avez tous remarqué que dans Les Deux Gamines le metteur en scène a complètement supprimé le gente dit policier-américain qui tourne par trop la tête à certains enfants. Il en sera maintenant toujours ainsi. Louis Feuillade, le maître incontesté du ciné-roman français a tenté la nouvelle formule qui lui a réussi au-delà de toute espérance; il fait couler les larmes par le pathétisme des situations qu’i! expose, et non par un spectacle violent compose d’éternelles batailles à coups de browning. Je félicite sincèrement M. Feuillade de cette louable et intéressante initiative et je lui adresse mes meilleurs remerciements pour le bon accueil qu’il voulut bien réserver à Cinémagazine.

Robert Florey
(Cinémagazine, 2 Septembre 1921)

C’est la vie

Ducos du Hauron (Gallica
Ducos du Hauron (Gallica- Bibliothèque nationale de France)

Un Précurseur du Cinéma

1921. Louis Ducos du Hauron qui fut l’inventeur de la photographie en couleurs et qui mourut l’an dernier dans la misère la plus noire, fut également un précurseur du Cinéma. Il y a une quarantaine d’années, il fabriqua un appareil photographique dont nous avons retrouvé le brevet. Cet appareil était destinée à « enregistrer automatiquement les dégradations subies par les objets ou leur développement ». Ducos du Hauron l’installait devant des feuillages, par exemple, et prenait des vues différentes, à intervalles irréguliers mais fixés d’avance. Il tirait ensuite des épreuves et les collait les unes à côte des autres, obtenant ainsi une sorte de film. Il semple même, d’après les travaux laissés par Ducos du Hauron, que ce savant ait eu l’idée de mettre en mouvement la bande obtenue de la sorte, pour reconstituer la vie des végétaux. Mais il ne parvint jamais à réaliser cette idée. D’autres que lui, plus fortunés, devaient poursuivre et faire aboutir ses recherches. C’est la vie.
(Cinémagazine)