Quo Vadis? à Paris


Quo Vadis? 1913

Quo Vadis? au Gaumont Palace
Du 28 mars au 3 avril 1913
Depuis bientôt deux ans, le Gaumont Palace, avec ses 6.000 places, aura connu la plus triomphale carrière qu’aient jamais enregistrée les annales du spectacle.

Un succès aussi considérable est dû, en partie, aux efforts constants de la direction pour satisfaire le public dans tout ce qu’il demande: salle confortable, parfaitement aérée, dégagements multiples, prix modiques, orchestre de premier ordre, projection impeccable, et surtout un choix de programmes incomparables, d’un caractère artistique incontestable et d un éclectisme parfait, malgré les multiples difficultés d’un renouvellement hebdomadaire.

C’est ainsi que le Gaumont Palace vient de s’assurer l’exclusivité des premières représentations sur Paris de Quo Vadis?, merveilleux film cinématographique, édité par les soins de la Société italienne Cinès.

Ces représentations, auxquelles la direction de l’Hippodrome s’est attachée à donner un véritable cachet de grand art, viendront consacrer à nouveau le prodigieux essor de la cinématographie.

Statistique intéressante: le coût total de cette œuvre d’art a dépassé 300.000 francs. Le privilège d’exploitation exclusive pour l’Amérique a été cédé contre 700.000 francs; pour l’Angleterre contre 250.000; et pour l’Allemagne contre 200.000. C’est sous-entendre l’importance des sacrifices que la direction du Gaumont-Palace a dû s’imposer pour s’assurer l’exclusivité sur Paris.

Par concession spéciale obtenue de MM. Enoch et Cie, éditeurs, Quo Vadis? sera présenté au Gaumont Palace avec une adaptation musicale tirée de la partition de M. Jean Nouguès, et soutenue par des chœurs et un orchestre de cent exécutants.

Quo Vadis? et Quo Vadis?
Paris, 5 avril 1913. Certains spectateurs familiers de nos salles cinématographiques et quelques exploitants de province nous demandent s’il existe une parenté entre les deux films semblablement intitulés Quo Vadis? et dont l’un passe au Gaumont Palace alors que l’autre est projeté à l’American Theater, Boulevard de Clichy.

Deux mots de réponse suffiront. Ces deux œuvres sont inspirés du même roman fameux de Sienkiewicz, Quo Vadis? 

L’un est édité — c’est le premier en date — par la Soc. du Film d’Art. L’autre est une œuvre due à la Cinès: c’est celui qui passe à l’Hippodrome Gaumont Palace.

Le premier est mis en location pat l’Agence Générale de la rue Grange-Batelière (Astaix, Kastor et Lallement), l’autre par la Maison Louis Aubert, rue Bicher, concessionnaire de la Soc. Cinès.

Quo Vadis?… contre Quo Vadis?
Paris, 12 avril 1913. La concurrence que l’on dit être la loi du commerce est une bien mauvaise conseillère et je serais curieux de savoir à qui elle profite. Quo Vadis? m’en apporte la preuve depuis quelques jours. Voici les faits.

Ainsi que je le disais la semaine dernière, il existe deux adaptations cinématographiques
du célèbre roman de Sienkiewicz. La première en date a été éditée par le Film d’Art le 3 septembre 1910, sous le titre Au temps des Premiers Chrétiens épisode tirée de Quo Vadis? et mesure 312 mètres. La seconde, œuvre de la Cinés, a paru le 28 mars dernier et mesure 2.480 mètres.

Aucune confusion n’est donc possible puisqu’il n’y a entre les deux films ni similitude de titre, ni égalité de métrage. Quant aux deux marques éditrices, elles sont assez connues des exploitants pour qu’il y ait même l’ombre d’un doute dans leur pensée sur la différence qui sépare les deux adaptations.

Or, pendant que le Quo Vadis? de la Cinés paraissait au Gaumont Palace, un établissement du boulevard de Clichy, l’American Theater présentait le Quo Vadis? du Film d’Art. Voilà toute l’affaire.

Un de nos amis me dit qu’on a voulu tromper les exploitants en cherchant à créer une équivoque. Est-ce bien sûr et peut-on admettre que les exploitants soient capables de prendre un film de 300 mètres pour un autre de 2.400? Je ne crois pas à pareille erreur.

Seul, le public a pu faire les frais de cette petite guerre. Encore faudrait-il accepter qu’il ne lise pas les journaux où la publicité fut si merveilleusement traitée et qu’il ne regarde pas les affiches apposées devant les cinémas.
(Ciné-Journal)

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Archivio del Cinema Muto - Silent Film Archive
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