Comment j’ai filmé les chutes du Niagara

M. Leo Lefebvre, c’est le premier opérateur français qui a tourné la cataracte du Niagara. Nous rapportons ci-dessous ses souvenirs.

les pasegeurs
il y a là deux arrivées pour les voyageurs…

Paris 1922. C’est au mois d’août 1906 que je tournai les chutes du Niagara. Avant nous, Thomas Edison avait réalisé un film des rapides: il s’agissait de faire mieux. Une pensée me soutenait: nous étions les premiers Français qui voulaient fixer sur l’écran les chutes impressionnantes. Les Indiens ont donné à la cataracte le nom de Niagara: tonnerre de l’eau. C’est véritablement le tonnerre, et à une distance de plusieurs kilomètres, les oreilles perçoivent un roulement sourd, ininterrompu. Ce n’est guère rassurant. Il faut se souvenir de ceci pour imaginer le spectacle; le fleuve, a une longueur de 53 kilomètres. Il sort du lac Erié entre Buffalo et le fort du lac Erié; il y a là deux arrivées pour les voyageurs qui viennent admirer le Niagara. D’abord, l’eau coule paisiblement, mais  à la cataracte, la chute tombe d’une hauteur de 50 mètres dans le vide et précipite 5.000 mètres cubes d’eau par seconde. C’est quelque chose!

Après avoir exploré le terrain, nous constatâmes que le point idéal, pour nous placer, l’opérateur Daret et moi, était hérissé de pancartes: Fordidden to pass (Défense de passer). De vigilants gardiens étaient là, mais avec quelques dollars…

Enfin, nous pûmes installer la camera, non sans difficulté, et après una assez périlleuse gymnastique, à un endroit qui nous parut le plus propice, mais non le plus sûr, car le sol se désagrégeait sous nos pieds et nous étions à 50 mètres, à pic, au-dessous des rapides. La mise en scène ne dura — fort heureusement — que cinq à six minutes, pour prendre un négatif de 60 mètres, mais les minutes nous parurent longues…

les caratctes
D’abord, l’eau paisiblement…

Nous tournâmes ensuite les rapides de Whirlpool où se noya le capitaine Webb, le célèbre nageur, et là, dans le dessein de faire mieux et de battre Edison, nous décidâmes d’installer l’appareil au milieu des rapides eux-mêmes. Nous avions de l’eau jusqu’aux genoux. Autour de nous, des vagues bouillonnaient, menaçantes… La camera tournait toujours. Le film se termina par Goat Island (Ile aux chèvres) et le Horse Shoe (Fer à cheval) qui est le nom de la chute canadienne. Cette chute grandiose est un gouffre formidable du fond duquel l’eau remonte en molécules impalpables. Gare à la douche!

Le négatif ainsi obtenu avait environ 200 mètres il fut réduit à 135 mètres, ce qui était fort long pour l’époque, nous parlons  de 1906.

Depuis, avons-nous besoin de dire que les chutes du Niagara furent filmées par bon nombre d’opérateurs et mieux que par nous. 1906, c’est la préhistoire du cinéma.

Viaggio a una stella – Cines 1906

una scena del film Viaggio a una stella (Viaggio in una stella)

Terza giornata del 1° Festival dei Film Ritrovati Restaurati Invisibili. In realtà, il primo festival italiano interamente dedicato ai film restaurati non è il Cinema Ritrovato di Bologna. Cinque anni prima La Cineteca del Friuli lancia Le Giornate del Cinema Muto, I edizione, 9-11 settembre 1982.

Nel programma di quell’edizione: Viaggio in una stella, film di produzione Cines 1906, copia della Cineteca del Friuli, 10′, messa in scena Gaston Velle:

L’astronomo Nigadimus, scrutando attraverso il suo telescopio i misteri del cielo, scopre un nuovo astro di cui si innamora al punto di voler intraprendere un viaggio alla sua conquista. Il suo aiutante gli suggerisce l’idea di arrivare alla stella entro una bolla di sapone. Nigadimus, seguendo il consiglio, si fa chiudere entro un’enorme bolla di sapone e vola attraverso lo spazio. La dea che abita la fulgida stella che ha innamorato l’astronomo, si meraviglia nel vedere arrivare nei suoi dintorni quel vecchio abitatore della terra; poi commossa ai suoi appassionati accenti, lo accoglie nella sua splendida dimora e invita altre stelle od onorarlo con piacevoli danze. Giove, avuto sentore delle venuta dell’intruso nelle sfere celesti, sopraggiunge irato in compagnia di Marte e di Mercurio; scaccia Nigadimus dalla stella e lo fa precipitare attraverso lo spazio. Mentre la domestica dell’astronomo è sulla terrazza, intenta a sciorinare i panni al sole, riceve in capo l’ombrello e il cappello del suo padrone, poi improvvisamente vede precipitare entro la tinozza del bucato, ricolma d’acqua, l’infelice Nigadimus, reduce dal suo avventuroso viaggio ad una stella.
Splendida cinematografia fantastica a colori.
(Da una locandina del cinematografo a Figline 1908)

Trent’anni mi sembrano un po’ troppo