Souvenirs

Le Cinématographe Lumière, une des premiers séances
Le Cinématographe Lumière, une des premiers séances

Quels souvenirs l’invention du Cinématographe vous a-t-elle laissés?

Telle est la question que l’on me fait l’honneur de me poser et à laquelle je voudrais pouvoir répondre, mais, à quarante années de distance, je redoute l’infidélité de ma mémoire, après une existence extrêmement active, consacrée d’abord à l’accomplissement des obligations administratives, industrielles et commerciales inhérentes à la direction d’une importante industrie, puis ensuite à l’étude passionnée de problèmes scientifiques et principalement biologiques ayant donné lieu à la rédaction d’une vingtaine d’ouvrages et à la présentation aux Académies et Sociétés savantes de plus de six cents mémoires!

Ce labeur intensif et incessant a estompé et même effacé nombre de faits qui se sont produits dans les temps déjà bien reculés sur lesquels on me demande de revenir.

Cependant, ce n’est pas sans émotion que je me reporte par la pensée, à cette époque lointaine ou le Kinétoscope d’Edison, venant d’être livré à la curiosité publique, nous avions remarqué, mon frère et moi, combien il serait intéressant de pouvoir projeter sur un écran et montrer à toute une assemblée, des scènes animées reproduisant, avec fidélité, les objets et les personnages en mouvement.

Dans les courts loisirs que nous laissait la conduite de notre entreprise industrielle, nous avions alors abordé ce problème et j’avais, de mon côté, commencé à faire construire un dispositif conçu sur des bases dont je ne me rappelle plus le principe, lorsqu’un certain matin, vers la fin de l’année 1894, je me rendis dans la chambre de mon frère qui, un peu souffrant, avait dû rester alité.

Il m’apprit que, ne dormant pas, il avait, dans le calme de la nuit, précisé les conditions à remplir pour atteindre le but cherché et imaginé un mécanisme capable de satisfaire à ces conditions. Il consistait, m’expliqua-t-il, à imprimer à un cadre porte-griffes, un mouvement alternatif analogue, comme fonctionnement, à celui du pied-de-biche d’une machine à coudre, les griffes s’enfonçant, au sommet de la course, dans des perforations pratiquées sur les bords de la pellicule devant porter l’image pour entrainer celle-ci et se retirant au bas de cette course, laissant la pellicule immobile pendant la remontée du système d’entraînement.

Ce fut une révélation et je compris aussitôt que je n’avais qu’à abandonner la solution précaire à laquelle j’avais songé.

Mon frère, en une nuit, avait inventé le Cinématographe!

Le sort de l’invention laisse par la suite, dans mon esprit, des traces que leur éloignement rend passablement confuses, mais d’où émerge cependant le souvenir émouvant de l’impression ressentie quand, pour la première fois, il nous a été donné de voir défiler sur l’écran la sortie des ouvriers de l’usine et d’assister à l’ébahissement de ce personnel se reconnaissant dans les acteurs du premier film.

Puis ce fut la période où, tout en remplissant les charges imposées par une industrie essentiellement difficile, il fallut fébrilement fabriquer des pellicules sensibles, remplir le rôle rudimentaire de metteur en scène, réaliser le tirage des films positifs, organiser les équipes de démonstrateurs qui devaient donner, de par le monde, la primeur de l’invention.

J’éprouve un véritable vertige en comparant les moyens infimes dont nous disposions à l’aurore de la Cinématographie, à la sortie de son berceau de Monplaisir, aux colossales ressources dont elle dispose aujourd’hui, avec des capitaux se chiffrant par un nombre respectable de milliards, avec des armées de travailleurs comportant plusieurs centaines de mille individus.

L’évocation de ces souvenirs de jeunesse, alors qu’une collaboration aussi intime qu’affectueuse m’attachait à mon cher Louis, collaboration qui s’est poursuivre pendant plus de trente années, sans jamais avoir été troublée par la moindre divergence de vues ou d’aspirations, fera comprendre pourquoi et comment mon nom a été associé à celui de mon frère dans l’invention du Cinématographe et expliquera en même temps la part bien modeste que j’y ai prise.

Notre association affectueuse devait hélas prendre fin, le jour où mon frère fut attiré dans la Capitale par ses enfants et petits enfants, après la perte cruelle de sa femme. Et ce fut pour moi un grand chagrin auquel j’ai cherché un apaisement en me plongeant avec acharnement dans les recherches biologiques et médicales qui m’avaient toujours attiré, avec l’espoir de pouvoir faire encore un travail utile, après une carrière déjà bien longue et passablement remplie.

Auguste Lumière, 1935

Notizie varie – dicembre 1913

Isis Film, Genova
Logo Isis Film, Genova

Bilancio della Cinematografia

Hans Gostar nella importante rivista ebdomadaria tedesca Plutus che si occupa di borse e di finanze, pubblica un interessante studio sulla situazione economica della cinematografia nel 1913. Rileviamo a titolo di curiosità qualche cifra:

La totalità dei capitali investiti nel mondo nella industria cinematografica sono calcolati in più di 2 miliardi. Di questa somma 312 milioni, servono ad alimentare l’attività delle fabbriche europee e dell’America del Nord.

Il Gostar dà poi qualche notizia sul costo della produzione: a suo dire il prezzo della pellicola vergine varia tra i 25 ed i 50 centesimi a metro ed il positivo ha un valore materiale medio di 60 à 66 centesimi al metro ed il film colorato da 90 a 95 centesimi. Egli viene alla conclusione che un film ordinario dagli 800 ai 1200 metri costa in media un 25,000fr. Non escludendo che ve ne siano quelli speciali il cui costo superi di molto questa cifra.

Si stampano generalmente di ogni film, cento copie qualche volta 120 raramente di più, che si vendono in ragione di L. 1,25 a metro meno che non siano pellicole rappresentanti speciali soggetti, ceduti in monopolio, nel qual caso il prezzo cresce eccessivamente.

Questo in riassunto scrive il Gostar con un dettaglio di cifre, di induzioni di ragionamenti. Il lavoro è pregevole ed in linea generale esatto ed interessante naturalmente in linea generale, che, nella pratica molte cose variano ed alcune deduzioni e conteggi sono assolutamente imponderabili.

La pellicola cinematografica ininfiammabile

La nitrocellulosa continua ad avere tutta la sua importanza industriale, ma ha trovato un grande concorrente nell’acetato di cellulosa.

L’acetato di cellulosa è un corpo che brucia difficilmente e che si fonde bruciando: è solubile nel cloroformio e nell’acetone. La sua plasticità permette di farne come la celluloide, dei pettini, dei manici per coltello, dei pomi per ombrelli, ecc. Mescolandolo col fosfato trifenilico, si ottengono dei blocchi o dei fogli di materia sensibilmente ininfiammabile e se ne può fare delle vernici per metalli o per ali degli aeroplani.

Ma la principale applicazione del nuovo prodotto è costituita dalle film cinematografiche ininfiammabili, formula che si ricercava per due motivi: la moltiplicazione dei cinematografi in tutti i paesi, le gravi disgrazie cagionate dalle films in celluloide.

Per ottenere films in acetato di celluloide, la soluzione d’acetato in un dissolvente volatile è versata su delle superficie rotative, si lasciano asciugare, e poi si taglia in nastri di 35 millimetri di larghezza. Le più infiammabili, quando sono di buona qualità, hanno una resistenza dinamo-metrica uguale a quella del celluloide. Si allungano meno di queste ultime nei bagni fotografici e si restringono meno sotto l’azione del tempo: la fiamma le fa fondere: fermate davanti all’arco dell’apparecchio di proiezione non prendono fuoco e per conseguenza non sprigionano il gas come fa la celluloide quando brucia. Così il problema delle pellicole cinematografiche ininfiammabili è risolto.

Con atto rogato dal notaio Barletti si è costituita in Genova l’ISIS Società in Accomandita semplice per la produzione e il commercio di films cinematografici; con sede in Genova, Via Garibaldi n. 8. Direttore artistico: Giovanni Riva. Direttore tecnico: Arturo Barr. Amministratori Aurelio Costigliolo, Giuseppe Pitteri. D’imminente programmazione: Jack l’apache o I predatori della Senna.

Una nuova casa fabbricante di films sta per sorgere sulla Riviera di Levante, la quale avrà il nome di Riviera Film. ne saranno proprietari il signor Riccardo Caimmi, noto attore drammatico e capocomico, ed un valente metteur en scène.

Inaugurati a Torino due nuovi cinematografi: Cinema Ambrosio (18 dicembre); Trianon Cinema Teatro di Varietà (20 dicembre). Impresa Giuseppe Barattolo.